DIENE FARBA SARR « Ces frêles épaules qui aspirent à la lourde charge de PR… »

Le spectacle désolant imposé aux sénégalais depuis quelques semaines doit obliger tout patriote à afficher son indignation et sa désapprobation, tant l’attitude de certaines espèces espiègles, de quidams perchés sur des échasses médiatiques, de guignols politiques à la petite semelle sans espoir, tous dans un méli-mélo assourdissant, se mettent à théâtraliser les affaires de l’État.

En effet, certaines personnes, des abonnées de la politique, usent et abusent de toutes les opportunités qu’offre notre système démocratique pour, avec témérité et désinvolture, afficher, au mépris de certaines conventions républicaines, des ambitions démesurées.

Loin de moi l’idée de leur dénier l’ambition légitime d’accéder à la magistrature suprême, mais la fonction est si importante qu’elle exige un profil que tout le monde n’a pas.

Un leadership local ou la possession d’une immense fortune douteuse distribuée à la volée comme un patriarche prodigue, une certaine notoriété permettent-ils de prétendre immédiatement à la fonction présidentielle ? J’en doute.

En effet, cette illustre fonction renvoie à une image chargée de symboles qui lui confèrent une crédibilité et une autorité admises et bâties autour d’un consensus populaire. Si le peuple refuse d’adhérer à la signification qui la porte et l’anime, il y crache son mépris et la démystifie. Depuis l’avènement de la deuxième alternance, des épaules frêles ont décidé dans un élan moutonnier de briser le miroir qui reflète nos institutions et ceux qui l’incarnent. Le funeste objectif visé est de faire voler en éclats la morale et la civilité socio-politique dans notre pays et noircir sa démocratie avec cette gadoue sordide qu’ils jettent à poignées sur ses flancs encore lactés.

Rappelons que l’arène politique renvoie un peu à celle de la lutte où, avant d’affronter celui qui trône au sommet, il faut d’abord passer par les petites catégories, faire ses preuves et asseoir une réputation irréfutable.

Dans le contexte actuel, cela ne renvoie pas seulement au parrainage, mais aussi à un background qui prouve l’existence de qualités morales exceptionnelles, d’un niveau de formation avérée, d’une grande ouverture d’esprit et d’un charisme certain. En somme, la charge exige de celui ou de celle qui doit l’assumer l’expérience et le talent d’une personne qui a occupé au moins plusieurs postes à des niveaux très élevés de responsabilité, capable de convaincre et d’édifier son monde sur la politique économique et sociale qu’il devra mettre en œuvre, face à ses compatriotes, à ses pairs, aux institutions internationales et aux partenaires techniques et financiers.

Il ne suffit pas donc de vouloir le pouvoir pour se le voir confier par notre peuple, politiquement mûr depuis des lustres et qui sait donc séparer la bonne graine de l’ivraie.

Un candidat à l’élection présidentielle doit avoir derrière lui une équipe multidisciplinaire composée d’économistes, de juristes, de sociologues et d’autres spécialistes dont l’expertise est incontestable, qui lui permettent de concocter un programme et de voir clair sur toutes les questions relatives à la vie de la nation. Hélas, bien souvent, c’est à des échappées solitaires que l’on assiste. Cela témoigne d’un manque de sérieux notoire par rapport à une fonction aussi lourde que celle de Président de la République.

En plus, pour parvenir à cette fonction souveraine, il faut un véritable programme décliné en phases applicables dans le temps, une vision claire pour notre pays et une ambition inaltérable pour le hisser au niveau des nations modernes.

Chaque candidat, à l’occasion de débats relayés par les médias, doit pouvoir expliquer son Programme pour convaincre ses compatriotes sur la pertinence du choix de son projet de société.

Les sénégalais ne s’y tromperont pas au soir du 24 février 2019.

A dire vrai, mon cœur outré d’ennuis, n’ose plus rien espérer du débat politique qui s’amincit graduellement. La grégarisation des petits esprits conduit à la nonchalance d’une intelligentsia, dépositaire pourtant de la connaissance, mais dégoûtée malheureusement par la chose politique.

Je constate, pour le regretter sincèrement, que beaucoup de cadres qui ont pris conscience des défis et enjeux de l’heure, se sont volontairement exclus des débats et ont déserté le champ politique, parce que dépités.

Une nation peut-elle se priver de ces dignes fils, de ces brillants intellectuels ? Leur rôle historique est celui d’avant-gardistes avisés, de gardiens du temple, de sentinelles qui contrôlent la démocratie et capables de monter au créneau quand c’est nécessaire pour éclairer objectivement l’opinion, mais aussi vigoureusement et sans passion.

Jusqu’à présent, les programmes d’une certaine opposition nihiliste et obscurantiste, ou les non-programmes assimilables à des ensembles vides, sont substitués à des calomnies, des diffamations, des médisances, des ragots et des discrédits. Comme toujours, et d’une manière convulsive, une seule doléance est exhibée avec frénésie : « accès intégral au fichier électoral ». Il est pourtant bon ce fichier et elle le sait.

Que dire du Plan Sénégal Émergent (PSE) ? Ce référentiel unique en matière de politique publique constitue la feuille de route, d’ici à 2035, de l’actuel Président de la République pour faire émerger notre pays. Il est véritablement le premier plan de développement qui fait une projection sur une génération. En cela, il comble une lacune qui est courante en Afrique : le manque de prospective.

Les partenaires au développement qui seront avec nous à Paris en mi-décembre 2018, que l’on ne peut suspecter d’indulgence, ont reconnu cette qualité au PSE et se sont engagés à accompagner le Président SALL pour sa réalisation. C’est à ce combat économique qu’un candidat doit appeler ses compatriotes sénégalais car c’est ce que le peuple attend de nous et non des querelles improductives auxquelles certains responsables politiques s’adonnent à longueur de journée en espérant embraser le pays. Mais c’est peine perdue.

Le sort des hommes et des femmes est réglementé d’avance par la sagesse divine. Des esprits cartésiens chagrins pourraient ricaner. Faut-il rappeler à ces esprits fort que « l’essentiel est invisible aux yeux » comme le disait Antoine de Saint-Exupéry.

Diène Farba SARR
Membre du Comité Exécutif National de l’Alliance pour la République (APR)

 

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