UN AN DE L’AIDB : Les travailleurs dénoncent la «misère sociale»

L ’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) va fêter, aujourd’hui son premier anniversaire après son ouverture le 07 décembre 2017. Un an de galère, selon le personnel de cet aéroport construit a coût de plusieurs centaines de milliards. Face à la presse hier pour faire le bilan d’un an d’existence, le personnel constitué en collectif attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur leur calvaire. Ces travailleurs extrêmement déçus ont dressé un bilan négatif de l’année d’existence de l’AIBD.

 

« Le point de presse de ce matin (hier) a pour objectif principal de faire le bilan d’une année d’existence de l’aéroport Blaise Diagne ouvert le 7 décembre 2017 et d’alerter à travers le canal des médias, les plus hautes autorités de ce pays et l’opinion publique nationale et internationale sur les risques de détériorations rapides et dangereuses du climat social de l’aéroport international de Dias », a d’emblée souligné Bocar Sy, le porte parole. Le collectif dénonce les mauvaises conditions de travail qui sont entre autres de l’exploitation du personnel qui est déjà épuisée puis qu’il faut faire tous les jours plus de 100 km pour rallier l’aéroport et allez travailler. Les membres du collectif n’ont pas aussi manqué de souligner des problèmes survenus lors du transfert des travailleurs de l’aéroport de Dakar vers celui de Dias, le statut des travailleurs temporaires, les licenciements abusifs, mais également des salaires misérables, et surtout la mauvaise gestion des accidents de travail, l’absence de politique sociale, l’absence de logements sociaux à Diass pour les travailleurs et l’absence de syndicat fort à l’AIBD… Autant de maux relevés par le porte parole du collectif. « L’année dernière le basculement de l’aéroport de Dakar vers l’AIBD s’est fait dans la précipitation, ce qui a engendré la perte d’emploi des travailleurs de plusieurs entités qui opéraient à l’aéroport Léopold Sedar Senghor en exemple on peut citer les sociétés : ABS (Aéroport Bus Services) et Expert Team (Gestion informatique de LSS) où tous les travailleurs , des pères et mères de famille ont perdu leur emploi , alors que le Slogan a l’ouverture de AIBD était : « Transfert pour Tous », ajoute-t-il. Selon lui, du fait de la précipitation pour rendre opérationnel l’aéroport, les travailleurs ont eu à faire face à d’énormes difficultés notamment la précarité des statuts, le déficit en matériels, l’absence de procédures normalisées entrainant des problèmes de sécurité et d’organisation. Malgré toutes les déficiences constatées un an après l’ouverture, nous constatons que les problèmes ne sont pas résolus, selon toujours M. Sy. Les conditions de vie et de travail du personnel sont restées précaires souligne Bocar Sy qui liste les difficultés que vivent ces travailleurs : « Des horaires non adaptés au secteur d’activité et non conventionnels qui ne me permettent pas aux travailleurs une totale récupération (avec des horaires de nuit de plus de 9 heures + 2h [aller et retour]) ; Ce qui provoque une fatigue physique et mentale voire des maladies auxquelles les travailleurs de AIBD sont exposés. Le volet social laissé en rade à l’AIBD. Un syndicat qui ne communique pas, négocie sans aviser les travailleurs. Insécurité dans le transport des travailleurs qui descendent à des heures tardives. Une IPM refusée par beaucoup de structures (Hôpitaux, pharmacie…etc.). Une coopérative Habitat du Syndicat qui tarde à donner les parcelles aux membres ayant versés 550 mille FCFA +100 000 FCFA (frais de bornage). Le syndicat qui fait courir les travailleurs depuis des années derrière des terrains dont le plan de masse est indisponible. Un syndicat qui tarde à organiser les élections des délégués syndicaux. La mauvaise gestion du traitement des accidents de travail. Des travailleurs ont été agressés, ont subi des accidents sur la route, mais il n’y avait pas de suivi. Il y’a des travailleurs qui chevauchent entre les sociétés d’intérim depuis plus de 6 à 8 ans sans être embaucher par la société qui les emploie, avec des contrats qui peuvent être rompus du jour au lendemain. Fréquent arrêt maladie causé par l’épuisement physique des travailleurs. Des salaires non adaptés au secteur d’activité, partout dans le monde, plus proches chez nos voisins en Afrique il y’a une grande différence de salaire par rapport au travailleur sénégalais qui évolue dans le même secteur ». Ainsi, raconte toujours Bocar Sy, l’heure n’est pas à la fête, car le personnel est laissé en rade du fait de la léthargie de leur syndicat qui ne défend pas les intérêts des travailleurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils ont décidé de mettre sur pied ce collectif pour prendre en charge les revendications du personnel.

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