DROITS DES FEMMES : Le PASNEEG II et le COSEF s’unissent une législation plus équitable pour les femmes et les filles

Du 18 au 20 juin, les femmes parlementaires de la 15e Législature participent à un atelier de formation stratégique à Dakar, placé sous le thème de la protection des droits des femmes et des filles. Organisé par le Projet d’Appui à la Stratégie nationale pour l’Équité et l’Égalité de Genre (PASNEEG II) en collaboration avec le Conseil sénégalais des Femmes (COSEF), cet événement marque une étape décisive vers un renforcement du leadership féminin au cœur des processus décisionnels.

Présidé par Mme Astou Fall, Conseillère technique au Ministère de la Famille et des Solidarités, l’atelier bénéficie de l’appui de la Coopération italienne, représentée par Giovanni Grandi, Directeur de l’Agence italienne pour la Coopération au Développement (AICS). Ce dernier a salué le Sénégal comme un « exemple d’engagement institutionnel » en matière d’égalité de genre, tout en soulignant la nécessité de renforcer les lois et les budgets sensibles au genre face aux défis persistants : inégalités structurelles, violences basées sur le genre et recul de la représentation féminine.

Prenant la parole, Mme Astou Fall a dressé un état des lieux sans complaisance : si des avancées notables ont été enregistrées notamment la loi sur la parité, les réformes fiscales et sociales en faveur des femmes, ou encore l’adhésion du Sénégal à de nombreux instruments juridiques internationaux, des obstacles subsistent. Des textes discriminatoires dans le Code de la famille et le Code pénal persistent, freinant la pleine jouissance des droits fondamentaux des femmes.

L’élaboration du référentiel Sénégal 2050, vision stratégique de développement national, consacre toutefois l’égalité et l’inclusion sociale comme leviers majeurs d’un Sénégal « souverain, juste et prospère ». Et c’est dans ce cadre que cet atelier s’inscrit pleinement.

Mme Seynabou Mbaye, Présidente du COSEF, pour sa part, a livré un message à forte portée historique et politique. Elle a salué « l’engagement collectif pour la reconnaissance pleine et entière des droits des femmes et des filles » et rappelé que chaque avancée a été conquise de haute lutte. Rendant hommage aux pionnières de l’Assemblée nationale et aux organisations féminines, elle a souligné que l’égalité n’est pas une faveur, mais une exigence démocratique.

Selon elle, les parlementaires actuelles sont « les héritières d’un combat et les actrices de son prolongement », appelées à transformer leur mandat en levier de justice, d’équité et de transformation sociale. L’atelier, dit-elle, vise à consolider cette posture politique en plus de renforcer les capacités techniques.

Intervenant au nom des députées, l’honorable Mme Khady Sarr a insisté sur la responsabilité législative face aux violences croissantes faites aux filles, à l’inachèvement de la parité réelle, et à la persistance des inégalités dans l’accès à la santé, à l’emploi et à la justice. Elle a appelé ses collègues à plaider pour des budgets sensibles au genre et des réformes législatives ambitieuses, soulignant que les parlementaires sont désormais outillées et déterminées à combler les écarts entre textes et réalité.

En toile de fond, les orientations du Président Bassirou Diomaye Faye, réaffirmées lors du Conseil des ministres du 5 mars 2025, donnent une impulsion politique forte. Son appel à intensifier la lutte contre les violences faites aux femmes, à renforcer la formation des filles et à accélérer l’autonomisation économique des femmes trouve un écho tangible dans les travaux de cet atelier.

La finalité est claire : aligner les engagements internationaux du Sénégal sur des politiques publiques nationales effectives, à travers des lois plus protectrices, une gouvernance sensible au genre, et une mobilisation parlementaire forte.

Cet atelier incarne une volonté partagée : bâtir une démocratie inclusive, où les femmes parlementaires ne sont pas seulement présentes, mais pleinement actrices des décisions majeures. Comme l’a souligné Giovanni Grandi, cette rencontre doit être un « catalyseur de progrès » pour un Sénégal où l’égalité est un principe fondateur, non une promesse différée.