Ce qui devait être une simple réunion de coordination médicale s’est transformé en une scène de violence inédite au sein de l’hôpital Roi Baudouin de Guédiawaye. Selon des sources, le mercredi 18 juin 2025, à la sortie du staff dirigé par le directeur de l’établissement, un incident choquant s’est produit entre deux hauts responsables, semant la stupeur parmi le personnel présent.
Selon plusieurs témoins, le chef de service de la Pédiatrie, J.B.N.D également président de la Commission Médicale d’Établissement (CME) aurait porté un violent coup de poing à M.B.ND, chef du Service Administratif et Financier (SAF), à la suite d’une altercation qui aurait débuté à l’intérieur même de la salle de réunion.
L’agression, survenue devant le directeur et l’ensemble du staff, a provoqué la chute de M. Ndiaye, déséquilibré par la violence du choc. Ses effets personnels se sont éparpillés au sol dans une scène jugée « désolante » et « humiliante » par les témoins. Une image consternante dans un cadre censé incarner rigueur, responsabilité et collaboration.
Ce nouvel épisode met à nu les tensions internes qui gangrènent le bon fonctionnement de nombreux établissements hospitaliers publics. À Guédiawaye, l’hôpital Roi Baudouin, structure sanitaire essentielle pour toute une population, semble pris dans une spirale de conflits de pouvoir, de saturation des services et d’absence de réformes structurelles.
Derrière cette altercation physique, se cache un malaise plus profond lié à la gouvernance hospitalière. Beaucoup dénoncent la longévité abusive de certains chefs de service, installés depuis plus de 15 ans, voire à vie, à des postes de commandement sans réelle rotation ni évaluation objective. Ce manque de renouvellement engendre des frustrations, des abus d’autorité et une perte de légitimité.
Dans les couloirs de l’hôpital, la colère monte aussi contre la double activité de certains praticiens, très actifs dans les cliniques privées et souvent absents de leurs fonctions publiques. Pendant ce temps, les administratifs sont accusés de tous les maux, sans que ne soit posée la question centrale de la responsabilité partagée dans le fonctionnement global du service hospitalier.
L’incident du 18 juin n’est pas un simple fait divers. Il interroge sur le climat de travail dans nos hôpitaux, le respect entre professionnels, et la place du patient dans la chaîne des priorités. Quand les querelles d’ego prennent le pas sur la mission de soin, ce sont les malades qui trinquent.
Guédiawaye mérite mieux. L’hôpital public sénégalais, lui, a besoin d’une réforme profonde, incluant une limitation de mandats pour les postes clés, un système d’évaluation indépendant, une meilleure gestion des ressources humaines et un encadrement clair de la double activité.
L’image donnée ce jour-là à l’hôpital Roi Baudouin est celle d’un système à bout de souffle. Mais il n’est pas trop tard pour agir. Encore faut-il en avoir le courage politique. La santé des citoyens sénégalais en dépend.