Nommé à la tête du ministère de l’Environnement, Daouda Ngom, ancien professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, est un homme du sérail. Son arrivée avait suscité beaucoup d’espoir, notamment auprès des acteurs du secteur, qui saluaient enfin la nomination d’un spécialiste, rompu aux questions environnementales, à la tête d’un département souvent confié à des profils sans formation adéquate.
Plusieurs mois après sa prise de fonction, la question se pose : le professeur Ngom a-t-il réussi à imprimer sa marque et à redonner au ministère l’efficacité attendue ? Pour l’instant, les attentes restent fortes, tant au niveau des grandes directions que des services déconcentrés, mais les signes de changement peinent à se faire sentir.
En dépit de quelques visites de terrain, les actions concrètes tardent à être visibles. Certains projets phares sont à l’abandon, tandis que les urgences environnementales s’accumulent. La dégradation de la biodiversité se poursuit, les aires marines protégées se meurent sous la pression des activités humaines, et aucun véritable plan de prévention n’a encore été déployé dans les zones à risque.
Dans le domaine forestier, la situation est tout aussi préoccupante. Les agents des eaux et forêts se retrouvent désœuvrés, faute de moyens logistiques et financiers pour mener à bien leur mission de protection et de surveillance des espaces naturels.
Au-delà des défis opérationnels, le ministère souffre d’un sérieux déficit de communication. Le grand public connaît peu ou mal les actions du département, ce qui alimente l’impression d’immobilisme.
Face à cet état de fait, beaucoup estiment qu’il est temps pour le ministre Daouda Ngom de presser le pas, de rompre avec cette inertie perçue et de démontrer qu’il est véritablement à la hauteur des enjeux. Car au-delà des discours, le secteur de l’environnement impacte directement la vie quotidienne des populations et l’économie nationale.
Le temps de l’attente semble révolu. Place désormais aux actes.