La CEDEAO face au terrorisme international, c’est l’intitulé de la thèse de doctorat soutenu par Cesaltine Niaga Bappisséne Medang ce mercredi 09 juillet 2025 au département de la Science Politique et à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de L’UCAD. Une soutenance qui lui a valu la mention très honorable. Et pour écrire cette thèse qui épouse le contexte actuel de la sous région avec un CEDEAO impuissant face aux djihadistes, Cesaltine a du faire un voyage de 27 jours en octobre 2021 au Niger pour mener ses recherches sur ce sujet passionnant .
L’extrémisme violent qui touche l’Afrique de l’ouest avec le phénomène des djihadistes, voila une des préoccupations de la CEDEAO. Et pour apporter des éléments de réponse à ce fléau ou l’on assiste constamment à des attentats terroristes, Cesaltine Medang a choisi ce sujet pour rédiger sa thèse de doctorat.
Sur ce en octobre 2021 elle se rend au Niger pour être au contact direct de cette réalité pour mieux cerner tous les contours de ce problème. Et après 27 jours d’enquête trés poussée auprès des autorités ainsi qu’auprès des populations, Cesaltine Medang a perçu le mal tel qu’il est. D’après ses recherches Cesaltine nous informe que pour recruter, les djihadistes exploitent à fond la migration irrégulière. « D’après les enquêtes que j’ai faites, la migration nourrit le djihadisme », tente de convaincre Césaltine Médang qui s’est rendue dans la région de Tahoua devenue un lieu d’exode des migrants africains. Elle a aussi visité le Centre de transit des migrants africains à la Francophonie. Ce qu’elle a vu l’amène à alerter sur le risque de voir des jeunes qui ont quitté leurs pays terminer leur rêve dans des groupes djihadistes qui essaiment un peu partout dans le Sahel central. C’est d’autant plus probable que les routes de la migration échappent presque totalement aux autorités des pays de passage. C’est aussi presque le cas du trafic de drogue qui est l’autre allié du terrorisme au Sahel.
À l’Office central de la répression du trafic illicite de stupéfiants de Niamey, Cesaltine a eu droit à une séance d’explication sur cet autre fléau présenté comme source de financement du terrorisme.
Selon les informations qu’elle a obtenues des services chargés de la lutte contre le trafic de drogue, les aéroports africains sont souvent utilisés comme zone de transit avant que la marchandise ne poursuive son chemin, « escorté par des terroristes qui prélèvent un droit de passage. »
« Les types de drogue saisies aux frontières sont le cannabis, le haschich et le crack », relate Césaltine Médang qui s’est aussi entretenue avec des présumés trafiquants de drogue arrêtés par l’office central de répression du trafic de stupéfiants. Ces entretiens ont révélé que le trafic se nourrit de complicités car l’un des mis en cause était en connexion avec un dealer qui s’approvisionnait à l’aéroport de Lomé sans être inquiété.
Et l’une des solutions qu’elle propose pour contraindre les jeunes sénégalais à rejoindre ces djihadistes est l’installation d’une brigade de contrôle aux Baux Maraîchers « où des départs massifs sont enregistrés » non sans sensibiliser les jeunes sur les dangers de « partir à l’aventure ».
Donc une thèse d’une importance capitale qui regorge d’informations concernant le terrorisme sous régional et qui met en évidence ce que la CEDEAO est en train d’apporter en termes de réponse à ce fléau.
Donc ce mercredi a été une journée d’une grande importance pour Cesaltine Medang qui est dorénavant docteur en Science Politique avec la mention très honorable.
Abdourakhmane SY