Placé en garde à vue depuis ce jeudi à la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC), le chroniqueur de la Télévision Futurs Médias (TFM), Badara Gadiaga, a de nouveau été auditionné dans le cadre de l’enquête ouverte à son encontre. Une procédure qui s’inscrit dans un climat tendu, marqué par de nombreuses interpellations visant journalistes, activistes et influenceurs.
Selon une source proche du dossier contactée par Le Dakarois, cette nouvelle audition a été particulièrement tendue. Gadiaga aurait catégoriquement refusé de répondre aux questions des enquêteurs, déclarant avoir déjà signé un procès-verbal lors de sa précédente garde à vue. Les enquêteurs s’intéressaient notamment à l’origine de ses ressources financières et à l’existence présumée de sociétés immatriculées en son nom.
L’enquête, désormais bouclée, a conduit à l’ouverture de poursuites contre le chroniqueur pour “discours contraire aux bonnes mœurs”. Son déferrement devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar est prévu ce samedi, pour la suite de la procédure.
Cette affaire intervient dans un contexte où la liberté d’expression semble sous pression au Sénégal. Depuis plusieurs semaines, une vague d’interpellations frappe les voix critiques du pouvoir, suscitant de vives inquiétudes au sein de l’opinion.
En parallèle, les soutiens à Badara Gadiaga ne cessent de se multiplier. Des partis politiques, des leaders de la société civile, des journalistes, mais aussi des influenceurs dénoncent ce qu’ils qualifient de “harcèlement judiciaire” et appellent les autorités à respecter les principes fondamentaux de l’État de droit.