GESTION DES ALLIÉS, FINANCEMENTS DES JF: Derrière les critiques, une « Aïda » très contestée

Rien ne va plus entre certains alliés de la coalition présidentielle « Diomaye Président » et Aïda Mbodj. L’ancienne ministre, aujourd’hui active dans l’appareil gouvernemental et impliquée dans la gestion de la Délégation à l’entrepreneuriat rapide (DER), fait l’objet de nombreuses critiques, notamment au sein des groupes internes de la majorité. Son style de management et ses prises de position suscitent des remous jusque dans les cercles les plus discrets du pouvoir.

Sur les réseaux sociaux, dans les groupes WhatsApp ou encore en aparté dans les réunions, le nom de la “Linguère du Baol” revient avec insistance, souvent accompagné de reproches sévères. Des voix accusent Aïda Mbodj de « dicter sa loi » au sein de l’alliance, sans permettre la moindre contestation. Le cas de Bougar Diouf en est une illustration récente : ce dernier a été sanctionné après avoir exprimé son opinion lors de l’émission RFM Matin, où il aurait formulé des propos jugés offensants à l’égard du Premier ministre Ousmane Sonko.

Bougar Diouf a dénoncé une décision « arbitraire » et a rappelé que les règles internes de la coalition interdisent les critiques publiques entre membres. Mais il a aussi soulevé un point sensible : selon lui, le parti Pastef d’Ousmane Sonko ne serait pas signataire de ces chartes internes, ce qui crée un déséquilibre dans l’application des sanctions.

Flou autour de la gestion de la DER

Au-delà des tensions politiques, c’est également la gestion de la DER qui soulève de sérieuses interrogations. Des critiques émergent sur les critères d’attribution des financements et la sélection des bénéficiaires. Certains dénoncent un système opaque, où les jeunes entrepreneurs se sentent marginalisés et insuffisamment écoutés. Dans ce contexte, Aïda Mbodj, impliquée dans les orientations stratégiques de la structure, est de nouveau pointée du doigt, notamment par la jeunesse patriote, qui dénonce un décalage entre les objectifs affichés de la DER et la réalité du terrain.

Ces turbulences internes, combinées à une grogne croissante de certains partenaires de la coalition, posent une question fondamentale : peut-on espérer un changement de système avec des pratiques qui rappellent celles de l’ancien régime ? La gestion de la parole, les exclusions tacites et les querelles de personnes risquent d’entraver la dynamique de rupture promise au peuple sénégalais.