Le mandataire de la famille, Demba Anta Dia

« Ce dossier est bien connu de tous, mais il est malheureusement négligé. Ce qui pourrait le résoudre définitivement, c’est tout simplement l’application des lois. On dit que le Sénégal appartient à tous, et que nous sommes régis par des lois et des textes. Mais que d’injustices et de lenteurs, dont les causes restent floues. J’aimerais m’adresser à l’État, qui a hérité de ce dossier : nous avons épuisé toutes les voies de recours. Nous avons parlé et écrit. Le président de la République nous a rassurés. Mais si un jugement a été rendu, il doit être exécuté. Or, tel n’est pas le cas. C’est pour cela que nous sommes ici, pour nous faire entendre, car la famille ne demande que la paix. Nous ne recherchons pas de tensions, alors que nous aurions pu les affronter sur le terrain. Ceux qui sont chaque jour sur le terrain, comme nous, subissent une injustice terrible. En une seule journée, cette situation pourrait être réglée, mais nous aspirons à une stabilité dans ce pays. Cependant, qu’il soit bien entendu : nous en avons assez. Nous ne pouvons plus attendre. Monsieur le Président de la République, je m’adresse directement à vous : les directives que vous avez données n’ont toujours pas été exécutées. Alors, où est le problème ? Nous sommes prêts à négocier. Nous sommes des Sénégalais, et nous ne cherchons pas à créer des troubles, mais à trouver la paix. Cette affaire est sérieuse. Tous ceux qui sont passés par ici n’ont fait que parler sans agir. Vous êtes notre dernier recours. Nous avons confiance en vous. Vous devriez nous appeler autour d’une table pour discuter de ce dossier et trouver des solutions adaptées. »
Ibrahima Sarr, petit-fils de Marème Mbengue, représentant de la famille :

« Je voulais rappeler que ce dossier est connu de beaucoup, mais que peu en connaissent les tenants et les aboutissants. Ce dossier existe depuis pratiquement 1995, lorsque nous avons d’abord saisi les autorités pour que le titre 14.51R soit restitué à ses propriétaires légitimes, la famille issue de Mbagour Diagne. Depuis lors, nous avons suivi de nombreuses procédures, allant jusqu’à la Cour Suprême, qui a renvoyé la dernière décision à la Cour d’Appel de Kaolack en 2012, laquelle a ordonné la restitution intégrale du titre à la famille. Depuis, beaucoup de choses ont été dites, et plusieurs démarches ont été faites par la famille. Cependant, à ce jour, rien n’a encore été concrètement remis entre les mains de cette famille. Nous étions en droit d’espérer qu’avec les changements politiques et économiques, la famille retrouverait ses droits. Mais, comme vous l’avez vu récemment dans la presse, le détenteur des sociétés nationales des habitations à loyer modéré (SN-HLM) s’est attribué des droits qu’il n’a pas, et que la loi ne lui a pas accordés, contrairement aux derniers jugements rendus sur ce dossier. Il prétend que la famille a été déboutée et que les droits sont à nouveau de la propriété des HLM. Or, nous savons qu’un droit réel, reconnu au mois de mai dernier, confirme toujours que le titre 14.51R appartient à la famille de Mbagour Diagne. Ce droit est récent, et la conservation foncière a commis d’énormes erreurs il y a deux mois en attribuant à la SN-HLM un titre de droit réel qui était erroné. Si nous le demandons, nous avons tous les éléments pour démontrer que tout ce qui a été mis sur ce droit réel est faux. Dix jours plus tard, un nouveau droit réel a été produit, qu’il nous faut redonner à notre bien. Ce sont des fautes administratives intolérables que la famille dénonce et demande à l’administration centrale de prendre les mesures nécessaires pour résoudre ce problème de manière définitive. La famille attend toujours de récupérer ses droits. C’est le moment de dire haut et fort que nous sommes disposés à discuter, certes, mais que nous sommes aussi prêts à prendre nos responsabilités pour affronter ceux qu’il faudra, afin que nos droits soient enfin restitués. Voilà ce que nous tenions à préciser aujourd’hui, afin que nos autorités prennent en compte tout ce qui a été dit et fait par les jugements qui existent, et que la famille soit indemnisée, si elle ne retrouve pas la totalité de son territoire, c’est-à-dire les 258 hectares qui lui appartiennent. C’est pourquoi nous avons demandé aujourd’hui à nos amis de la presse de servir de relais auprès de l’opinion publique et des autorités étatiques, afin que ce problème puisse enfin être résolu de manière définitive. »