Un nouveau dossier explosif secoue le secteur foncier sénégalais. Le promoteur immobilier Assane Sow, responsable de l’agence « SCI La Solution », a été arrêté et placé en garde à vue par la Division des investigations criminelles (DIC). Il est accusé d’avoir escroqué une coopérative d’habitat composée de fonctionnaires, à qui il aurait vendu 43 parcelles… inexistantes.
Selon les informations rapportées par nos confrères de L’Observateur et relayées par Senego, l’affaire remonte à septembre 2022. À cette époque, la coopérative dénommée « Niaga/Lac Rose » signait un contrat avec la société d’Assane Sow, assisté de son associé Amara Touré. L’accord portait sur l’acquisition de 43 parcelles dites viabilisées dans la zone de Niaga, intégrée au pôle urbain du Lac Rose, pour un montant total de 216,8 millions de francs CFA. La promesse : une livraison des terrains dans un délai de 21 mois.
Mais, plus de deux ans plus tard, aucune parcelle n’a été remise aux acquéreurs. Face à cette situation, les membres de la coopérative ont porté plainte le 12 mai 2025.
L’enquête ouverte par la DIC a révélé une fraude manifeste. Le site foncier mentionné dans le contrat — supposé relever du Titre foncier n°6089 — se trouve en réalité dans le domaine national, donc inaliénable. De plus, les documents remis aux plaignants par SCI La Solution se sont révélés non authentiques ou juridiquement invalides.
Auditionné par les enquêteurs, Assane Sow a reconnu avoir perçu l’argent des coopérants. Il s’est dédouané en évoquant une « erreur de référence » commise par le notaire et un litige foncier en cours avec d’éventuels ayants droit. Il a également proposé comme alternative un terrain situé à Kounoune, relevant cette fois du Titre foncier n°1899/R, tout en affirmant sa volonté de rembourser les sommes perçues.
Son associé, Amara Touré, est pour sa part introuvable. Des sources proches du dossier indiquent qu’il aurait quitté le territoire national, sans qu’aucune destination ne soit précisée.
Lors de la confrontation avec Cheikh Marie Tew Diop, représentant de la coopérative flouée, celui-ci a exigé le remboursement intégral des 344 millions de francs CFA déjà versés (montant supérieur à celui indiqué initialement, selon les plaignants), ainsi qu’une indemnisation de 8 millions de francs CFA par parcelle au titre des dommages et intérêts.
L’enquête se poursuit pour établir toutes les responsabilités dans ce nouveau scandale foncier, qui relance le débat sur la régulation du secteur immobilier au Sénégal.