SAISON DES PLUIES – ENVIRONNEMENT: Vers la catastrophe ?

Alors que la saison des pluies aurait déjà dû apporter son lot d’espoir et de renouveau pour les agriculteurs sénégalais, le constat est aujourd’hui alarmant : le ciel tarde à se montrer généreux. Et au rythme où vont les choses, le pays semble se diriger tout droit vers une saison inédite par sa sécheresse, pour ne pas dire une catastrophe humanitaire à moyen terme.

Partout sur le territoire, les régions enregistrent un déficit pluviométrique inquiétant. Les semis n’ont pas tous été réalisés, et là où ils l’ont été, les germinations se font attendre. Dans plusieurs localités, les signaux sont au rouge. Les services météorologiques, les agriculteurs, les ONG tirent la sonnette d’alarme : une famine n’est plus une simple crainte, mais un scénario probable.

La question cruciale que tout le monde se pose aujourd’hui est simple mais dramatique : **les semis vont-ils pousser ?** Cette interrogation résume toute l’angoisse du monde rural, abandonné à ses incertitudes et confronté à une réponse institutionnelle insuffisante. Car la rareté des pluies n’impacte pas uniquement les cultures. Elle compromet aussi les équilibres environnementaux, à un moment où le pays consacre justement ses efforts au secteur de l’environnement à travers un week-end de sensibilisation nationale.

Mais paradoxalement, cette mobilisation environnementale survient dans un contexte où les ministres chargés des secteurs clés semblent eux-mêmes désorientés. Le ministère de l’Agriculture, conduit par le docteur Mabou Badiagne, peine encore à incarner la rupture promise. Aucun acte significatif ne semble encore traduit sur le terrain, laissant les opérateurs agricoles et les paysans dans le désarroi.

La morosité économique générale aggrave la situation. Le monde rural, déjà marginalisé, multiplie les appels à l’aide. Ces cris, bien que bruyants, peinent à atteindre des autorités en manque de ressources ou de vision. Les subventions agricoles tardent, les intrants se font rares, et les producteurs sont livrés à eux-mêmes.

Même dans le secteur de l’environnement, la tension monte. Le personnel grogne, les revendications s’accumulent, et l’inefficacité administrative se mêle à l’urgence climatique. Tout cela donne le sentiment que certains départements ministériels sont englués dans une série de malchances ou d’erreurs de pilotage.

Aujourd’hui, il ne reste plus qu’à **croiser les doigts**. Un plan de redressement a été annoncé ce vendredi, mais tout le monde attend de voir. Si ce plan est bien ficelé et immédiatement mis en œuvre, il pourrait, peut-être, offrir une lueur d’espoir à des populations au bord du gouffre. À défaut de miracle, c’est une action publique forte, rapide et coordonnée qui est attendue. Car sans pluie, sans soutien, sans vision, c’est une crise majeure qui se profile.

Pape Modou Ndiaye