ÉLECTION DE SON SUCCESSEUR, VERDICT COUR SUPRÊME… : Barth, la dernière balle

Dakar vit au rythme d’une tension politique inédite. À la veille de l’élection de son successeur et à quelques jours du verdict de la Cour suprême sur le recours introduit contre la décision du préfet de Dakar de le démettre de ses fonctions, Barthélemy Dias est sorti de son silence ce dimanche. Face à la presse, l’ancien maire de la capitale a livré un discours virulent, accusant le pouvoir en place d’orchestrer une « forfaiture institutionnelle » destinée à l’écarter de la mairie.

Pour le leader de Sénégal bi Nu Bokk, la procédure enclenchée par le préfet ne repose sur aucun fondement juridique solide. Il rappelle que, conformément à l’article 137 alinéa 2 du Code général des collectivités territoriales, seule une session ordinaire du conseil municipal peut permettre l’installation d’un nouveau maire. La convocation d’une session extraordinaire, selon lui, constitue une « mascarade institutionnelle ».

Barthélemy Dias a directement mis en cause le régime actuel, qu’il accuse d’autoritarisme et de manipulation des institutions. Sans le citer nommément, il a pointé du doigt le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il considère comme le véritable instigateur d’une « vengeance politique ». Selon lui, le pouvoir cherche à imposer sa volonté au mépris du suffrage des Dakarois. « On ne peut pas parler de démocratie en foulant aux pieds la souveraineté populaire », a-t-il martelé.

Au-delà du régime, Barthélemy Dias a également égratigné une partie de l’opposition. « Le jour, ils s’opposent ; la nuit, ils se retrouvent à dealer », a-t-il lancé, dans une allusion à peine voilée à son ancien mentor Khalifa Sall. Une déclaration qui prend tout son sens alors que la plateforme Taxawu Sénégal a annoncé son soutien à Ngoné Mbengue, actuelle maire par intérim, pour l’élection municipale. Pour Barthélemy Dias, tous ceux qui prendront part à ce scrutin seront « complices d’un coup d’État institutionnel ».

Dans son intervention, l’ancien maire a exhorté les forces démocratiques à ne pas cautionner cette démarche qu’il juge illégale. Il a insisté sur la nécessité de préserver l’État de droit et de protéger le vote populaire face aux dérives du pouvoir et aux compromissions politiques.

Alors que l’élection du nouveau maire de Dakar est prévue aujourd’hui, la Cour suprême doit se prononcer demain, 18 septembre, sur le recours introduit par Barthélemy Dias. Un verdict qui pourrait rebattre les cartes et ouvrir une nouvelle séquence politique. « Inchallah, le droit triomphera », a conclu Barthélemy Dias, laissant planer une menace politique et un avertissement clair avant la décision tant attendue.

Les points clés à retenir sont les suivants : les conseillers municipaux de Sénégal bi Nu Bokk ne seront pas présents lors du vote, Barthélemy Dias affirme qu’il ne participera ni directement ni indirectement à ce qu’il considère comme une illégalité, et selon lui, la Ville de Dakar deviendrait complice du préfet si elle organisait ce scrutin contesté.