Les cadres de Gueum Sa Bopp ont tiré la sonnette d’alarme ce vendredi lors d’une conférence de presse consacrée à la situation nationale. Inondations récurrentes, flambée des prix, dérives institutionnelles : pour le mouvement dirigé par Bougane Gueye Dany, « le Sénégal est à genoux, victime d’un État absent et d’un pouvoir impuissant ».
Chaque hivernage, rappellent les « jambaars », « le pays ne vit pas la pluie, il subit l’humiliation ». Malgré le Plan décennal de lutte contre les inondations financé à hauteur de 766 milliards de FCFA, les quartiers continuent d’être submergés, avec leur lot de drames humains et matériels. « Où est passé cet argent ? », interrogent-ils, accusant « les marchés truqués, les circuits opaques et les barons de l’assainissement ». Le mouvement propose un plan stratégique national piloté par des experts indépendants et financé par les ressources internes et les Fonds Climat. À Touba, il suggère un projet-pilote : transformer les bassins de Keur Niang et Darou Rahmane en systèmes d’irrigation pour « transformer le drame en solution ».
Près de deux ans après l’arrivée au pouvoir du tandem Sonko–Diomaye, le verdict est « sans appel » pour Gueum Sa Bopp : un gouvernement pléthorique de 31 ministres et secrétaires d’État « pour zéro impact », des libertés « verrouillées » et une justice « fragilisée », un chômage croissant et une vie chère « insupportable », des déplacements officiels « coûteux et stériles ». « Les Sénégalais n’ont pas voté pour un pastiche du passé, mais pour une vraie rupture », a martelé le mouvement, avant de poser la question : « Projet Pastef ou simple pastiche ? »
Autre grief majeur : la pression fiscale. Les cadres dénoncent un « matraquage » qui frappe particulièrement le mobile money, au détriment du pouvoir d’achat des ménages. « Chaque transaction est devenue un racket, chaque taxe une gifle », ont-ils fustigé, estimant que l’alternance promise s’est muée « en pénitence ».
Sur le plan politique, Gueum Sa Bopp a qualifié de « scandale » l’affaire de la mairie de Dakar, après le vote précipité du remplacement d’Abass Fall en attendant la décision de la Cour suprême. « Le mandat de Barthélémy Dias doit être rétabli », exigent-ils. Les cadres réclament également la comparution d’Abdou Nguer et Badara Gadiaga, présentés comme « des otages de Sonko », dénonçant une « cruauté sélective » dans la gestion de la justice.
Ils ont par ailleurs tourné en dérision le récent déplacement du président Ousmane Sonko à Milan, perçu comme « un théâtre » alors que « les Sénégalais souffrent au quotidien ». À l’opposé, Bougane Gueye propose des solutions concrètes, dont la création d’une Banque de la Diaspora connectée au monde rural, destinée à financer des projets agricoles et à offrir des perspectives aux Sénégalais de l’extérieur.
La conférence a également insisté sur la crise sociale : 40% de la population vivrait sous le seuil de pauvreté, une jeunesse sacrifiée au chômage et aux petits emplois précaires, des services sociaux de base encore inaccessibles à beaucoup, une inflation qui étrangle les ménages, notamment les femmes, « piliers de l’économie familiale ».
En conclusion, Gueum Sa Bopp a dénoncé « la mascarade d’un gouvernement de stagiaires » et promis de poursuivre le combat « contre l’injustice, la mauvaise gouvernance et la trahison politique ». « L’Histoire jugera. Le peuple décidera », ont conclu les cadres, déterminés à incarner une alternative crédible.