MARCHES PUBLICS DE L’ONAS : Une surfacturation évitée de justesse

Dakar, le 29 septembre 2025 – Le marché public de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) pour l’année 2024 a suscité de vives interrogations quant à la gestion des fonds publics. Au cœur du débat, des montants jugés excessifs et un faible taux d’exécution des entreprises initialement retenues.

En 2024, deux sociétés avaient obtenu le marché : Tawfekh Taysir pour un montant de 649 413 000 F CFA et Delgas Assainissement pour 674 842 000 F CFA, soit un total de 1 324 246 000 F CFA, sous la direction de l’ancien directeur général Cheikh Dieng. Mais l’exécution effective s’est révélée très limitée : à peine 10 % pour Tawfekh Taysir et 37 % pour Delgas Assainissement.

Face à cette situation, l’ONAS a opté pour une procédure d’entente directe afin de corriger le tir. Les nouveaux contrats ont été attribués à Vicas (266 324 000 F CFA) et Delta (384 655 574 F CFA), ramenant le coût global à 610 979 574 F CFA. Une réduction de près de moitié par rapport aux montants initiaux.

Sous la direction du nouveau DG, Seydi Diène, l’ONAS a poursuivi sa politique de rationalisation en divisant le marché en quatre lots pour 2025 :

1. Delgas Assainissement : 182 782 000 F CFA

2. Kelimane : 185 850 000 F CFA

3. Vicas : 99 287 000 F CFA

4. Vicas : 187 502 000 F CFA

Soit un montant total de 655 431 000 F CFA. Une démarche qui vise à améliorer le taux d’exécution et garantir une meilleure maîtrise des dépenses publiques.

Si le marché initial, considéré comme surfacturé, avait été maintenu, l’État du Sénégal aurait perdu 688 140 000 F CFA par an, soit 2 064 420 000 F CFA en trois ans.

Cette affaire met en lumière la nécessité d’une transparence accrue dans l’attribution et le suivi des marchés publics. Elle soulève également une interrogation de fond : doit-on parler de simple surfacturation ou de véritable mauvaise gestion des deniers publics ?