DETTE CACHÉE ET SITUATION ÉCONOMIQUE DU PAYS : Les vérités crues de Mouhamed Ben Diop au nouveau régime

L’ingénieur financier et président du parti Pass Pass, Mouhamed Ben Diop, conteste l’existence d’une prétendue dette cachée au Sénégal. Depuis Paris, il s’est exprimé sur cette polémique née après les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, que certains estiment confirmées par le FMI.

Selon lui, une dette cachée ne peut exister au sein de nos États. Il rappelle que tous les pays disposent d’une dette centrale et d’une dette hors bilan, non intégrée au budget de l’État, mais cela ne signifie pas qu’elle soit dissimulée. À ses yeux, la sortie de la directrice du FMI ne confirme en rien les propos du Premier ministre, mais traduit plutôt la volonté de l’institution de mandater un cabinet indépendant pour auditer la situation économique du pays. « Cela prouve que le FMI ne confirme pas les propos du ministre Sonko », a-t-il précisé.

Le leader de Pass Pass estime par ailleurs que le Premier ministre manque de culture financière. « S’il en avait une, il n’aurait jamais parlé d’une dette cachée que personne ne peut prouver. À ce jour, aucun document ne montre quelles sociétés auraient bénéficié de cette dette », soutient-il. Il avance également que le rapport évoqué n’a pas été produit par la Cour des comptes, mais par le gouvernement lui-même. « C’est pourquoi il n’y a pas de signature dans le document », ajoute-t-il.

Sur la situation économique du pays, Mouhamed Ben Diop juge que le budget national est sous-évalué et que le Sénégal n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Il illustre ses propos par une image parlante : « C’est comme quelqu’un qui peut emprunter l’autoroute Ila Touba pour deux heures de route mais préfère la nationale pour cinq heures. »

L’expert financier estime que le Sénégal a régressé au sein de l’UEMOA, devancé désormais par des pays comme la Côte d’Ivoire et la Guinée, pourtant marqués par des crises politiques et sécuritaires. Il soutient que le niveau d’endettement du Sénégal, estimé à 119 % du PIB, n’est pas la principale cause de cette régression, mais plutôt l’absence de vision et de perspective de développement. Selon lui, l’endettement à des fins de consommation décourage les investisseurs.

Enfin, Mouhamed Ben Diop fustige le discours économique du gouvernement, qu’il juge peu rassurant et souvent polémique. « Le Premier ministre n’est pas seul responsable, le président Bassirou Diomaye Faye l’est aussi, car c’est lui le patron de Sonko et il cautionne ses erreurs », conclut-il.

Abdourakhmane SY