Mes chers compatriotes,
Mes chers frères et sœurs sénégalais,
Ces derniers jours, notre pays a été tenu en haleine.
On nous avait annoncé une grande déclaration, une déclaration d’une importance nationale, un moment que beaucoup attendaient avec impatience, dans l’espoir d’entendre des mots forts, porteurs d’espoir, venant du Premier ministre du Sénégal.
Mais, ironie du sort, cette grande déclaration s’est transformée, petit à petit, en une simple déclaration.
Et pour finir, on nous parle aujourd’hui d’un grand rassemblement, d’un Terra-Meeting.
Une montagne, mes chers compatriotes, qui a accouché d’une souris.
Le peuple sénégalais, lui, s’attendait à autre chose.
Il attendait qu’un Premier ministre chef du gouvernement, représentant de la République vienne parler à son peuple, au nom du Sénégal, pour nous informer des avancées du gouvernement, des réalisations en cours, des projets à venir, et de l’état de notre Nation.
Nous voulions entendre parler de la vie des ministères, de la relance de notre économie, de la gestion de notre dette, des initiatives sociales, des réformes, des inaugurations, des perspectives d’avenir.
À défaut, on aurait pu imaginer une grande rencontre autour d’un thème d’intérêt national :
les Assises de la dette, les Assises des ressources naturelles du Sénégal (gaz, pétrole, or, zircon, etc.), ou encore un Forum sur la transparence économique.
Cela aurait, à juste titre, mérité l’appellation de “grande déclaration” et de “grand rassemblement”.
C’est cela, mes chers compatriotes, que nous étions en droit d’attendre d’une déclaration d’une grande importance nationale.
Mais à la place, nous avons entendu le discours d’un président de parti politique.
Et c’est son droit.
Mais lorsque le Premier ministre s’adresse au peuple, il ne doit pas parler comme chef de parti.
Il doit parler comme chef du gouvernement, représentant de tous les Sénégalais, sans distinction d’appartenance politique.
Le peuple n’avait pas besoin d’un appel à la remobilisation des troupes militantes.
Le peuple avait besoin d’une parole républicaine, d’une vision gouvernementale, d’une direction nationale.
Je le dis avec gravité :
Pour qu’il y ait une grande déclaration, il faut qu’il y ait un grand acte de gouvernance, une grande avancée, un grand projet.
Un grand rassemblement aurait eu tout son sens lors de l’inauguration d’un projet majeur, d’un chantier d’État, ou même lors des Assises nationales de la dette, que le peuple réclame depuis des semaines.
Là, oui, cela aurait eu une portée nationale, une dimension républicaine.
Mais convoquer un Terra-Meeting, au moment où les Sénégalais attendent des réponses, c’est un choix purement politique.
C’est la parole du parti, et non celle de la République.
Alors, une question s’impose à nous tous :
Qu’est-ce qui s’est passé ?
Qu’est-ce qui a fait que la déclaration d’une grande importance s’est soudainement réduite à une simple déclaration ?
Qu’est-ce qui a changé, qu’est-ce qui a été retiré, ou négocié, pour que le peuple soit privé de ce moment d’espoir et de clarté ?
Nous avons le droit de savoir, car c’est notre pays, notre avenir, notre destin commun qui sont en jeu.
Mes chers compatriotes,
L’heure est à la vérité.
Le peuple sénégalais est éveillé, lucide, attentif.
Il ne se contente plus de mots ou de slogans.
Il attend des actes, des résultats, et une parole sincère qui parle à son intelligence, à sa dignité et à son avenir.
Une grande déclaration doit être une parole de vérité, pas un calcul politique.
Une grande importance doit se mesurer à la hauteur des défis de la Nation, pas à la taille d’un meeting.
Oui, mes chers frères et sœurs,
La montagne a accouché d’une souris.
Mais le peuple, lui, n’a pas dit son dernier mot.
Parce que la vérité finit toujours par éclater,
et parce que le Sénégal mérite mieux que des slogans :
il mérite une gouvernance à la hauteur de son peuple.
Je vous remercie.
M. Bougar DIOUF PRÉSIDENT UPS