Dix-huit mois après l’arrivée au pouvoir d’Ousmane Sonko et de son équipe, le constat est amer, douloureux, presque accablant.
Les Sénégalais vivent aujourd’hui les conséquences directes d’une gouvernance d’improvisation, marquée par l’amateurisme, l’incompétence et le populisme politique.
Le pays est à l’arrêt.
Notre économie s’effondre, nos institutions chancellent, et nos secteurs vitaux agriculture, pêche, énergie, santé, éducation sont livrés à un tâtonnement permanent.
Ce pouvoir qui se disait « du peuple et pour le peuple » est devenu, en moins de deux ans, le symbole d’une déconnexion totale avec les réalités du peuple.
Un échec économique patent
Le gouvernement a hérité d’une économie fragile, mais il l’a précipitée dans le chaos.
L’endettement public a atteint des niveaux insoutenables : 132 % du PIB, un record historique pour notre pays.
Le secteur privé, asphyxié, licencie à tour de bras ; le secteur informel, pilier de la survie collective, est étranglé par des mesures aveugles et des déguerpissements brutaux.
Et pendant que les Sénégalais peinent à joindre les deux bouts, le Premier ministre s’offre des bains de foule, prépare des meetings politiques, orchestre sa propre campagne, et transforme la douleur nationale en stratégie électorale.
Loin des priorités du pays, il ne pense qu’à lui-même : à son image, à son avenir, à son élection.
C’est là tout le drame : le chef du gouvernement a cessé d’incarner l’État pour devenir un acteur en quête de scène, un homme politique obsédé par son destin personnel, au détriment de celui du Sénégal.
Pendant que la nation souffre, il calcule, il manœuvre, il rêve de présidence.
Un peuple abandonné, des secteurs sinistrés
L’agriculture, jadis promesse de souveraineté, s’est transformée en champ de désillusion.
Nos agriculteurs sont abandonnés, privés de moyens techniques, de semences et d’engrais.
La campagne agricole, au lieu d’être planifiée et soutenue, est devenue un fiasco récurrent.
Les paysans attendent toujours les intrants, pendant que le gouvernement chante des réussites imaginaires.
La pêche, elle aussi, devait être réformée à travers la renégociation des contrats.
Promesse phare du candidat Sonko, elle n’a jamais été honorée.
Aucune évaluation, aucun impact, aucun bénéfice pour les pêcheurs sénégalais.
Les ressources naturelles sont exploitées sans que le peuple n’en voie la moindre retombée.
Et la question qui brûle toutes les lèvres est simple :
Comment un pays peut-il disposer d’autant de ressources naturelles et être en même temps confronté à un endettement chronique ?
Comment un pays aussi riche peut-il encore subir des coupures d’électricité et une cherté insupportable du carburant et du coût de la vie ?
Comment un pays doté de pétrole, d’or et de gaz peut-il ne pas offrir un plateau médical digne, ni une éducation stable ?
Ces contradictions ne sont pas le fruit du hasard : elles traduisent l’indifférence d’un pouvoir plus préoccupé par son avenir politique que par l’avenir du pays.
Des promesses trahies, une image détruite
Après tant d’années de manipulation, de supercherie et de tromperie, nous voilà aujourd’hui, dix-huit mois après leur installation, à constater que ce gouvernement poursuit les mêmes travers qu’il condamnait hier.
Après avoir annoncé mille milliards retrouvés dans des comptes occultes, après avoir accusé à tort et à travers des responsables de détournement, après avoir déclaré devant le monde entier que notre administration est une « administration de faussaires », le régime Sonko a humilié l’État du Sénégal.
Cette communication désastreuse, ces attaques inconsidérées, ces imprudences verbales ont détruit la signature financière du Sénégal et terni sa réputation auprès de nos partenaires.
Aujourd’hui, notre pays souffre non seulement d’une crise économique, mais aussi d’une crise d’image.
Un Premier ministre soucieux de la grandeur du Sénégal aurait réparé ces fautes.
Mais Ousmane Sonko, lui, préfère le spectacle.
Il préfère les podiums aux bilans, les meetings aux conseils interministériels, la scène politique à la scène internationale.
Lui qui devait gouverner le pays agit comme s’il était déjà en campagne.
Un régime d’improvisation et de stagiaires d’État
Ce régime n’a pas mis les compétents à la place des incompétents.
Il a préféré les affinités politiques à l’expertise, le copinage à la compétence, l’agitation à la rigueur.
De la Primature au Port autonome de Dakar, en passant par les grandes directions, c’est le règne de l’amateurisme et du tâtonnement.
Chaque décision devient une improvisation, chaque communication un désastre, chaque maladresse une honte nationale.
Ces discours accusateurs et ces promesses jamais tenues tuent l’élite, discréditent nos institutions et ruinent notre économie.
Un gouvernement qui passe plus de temps à se justifier qu’à agir est un gouvernement déjà en faillite morale, politique et institutionnelle.
Conscient de la Gravité de la situation, le Président Bougane Gueye appelle à un Niaxtou national
Face à ce vide institutionnel, face à ce vide communicationnel qui devait pourtant répondre aux préoccupations des Sénégalais, le Mouvement Guem Sa Bopp refuse le silence et l’indifférence.
Nous lançons un appel vibrant à la Nation : un Niaxtou national, prévu le 8 novembre 2025, pour redonner la parole au peuple.
Ce Niaxtou sera :
le mur de lamentations du peuple sénégalais,
le tableau vivant où seront dressés les débâcles quotidiennes de ce pouvoir,
le miroir qui reflétera les souffrances et les frustrations des citoyens dans tous les secteurs,
et le fusible, le vecteur transmetteur du message du peuple vers ceux qui feignent de ne plus l’entendre.
Le Sénégal a besoin de vérité, pas de mise en scène.
De justice, pas de promesse.
De gouvernants au service du pays, pas de politiciens au service de leurs ambitions.
C’est le sens du Niaxtou national : faire entendre la voix du peuple, là où le gouvernement a choisi le mutisme.
Travailler, servir, se taire
Le Sénégal n’a pas besoin de meetings. Il a besoin de solutions.
Il n’a pas besoin de slogans, mais de résultats.
Nos dirigeants doivent se recentrer sur l’essentiel : le travail, la rigueur, la vérité et la piété envers le peuple qui les a portés au pouvoir.
Un pouvoir qui ne ressent plus la douleur de son peuple n’a plus d’âme.
L’heure est grave.
Le pays souffre.
Et si le gouvernement continue à confondre la gouvernance avec l’improvisation, alors le peuple, lui, se souviendra au moment venu de ceux qui ont transformé l’espoir en déception.
Moussa Niang
Délégué national à la vie politique
Mouvement Guem Sa Bopp