AFFAIRE MADIAMBALE DIAGNE : La malédiction continue !

L’affaire Madiambal Diagne continue de provoquer des remous jusque dans les sphères les plus inattendues. Ce dossier, déjà marqué par des limogeages en cascade et des arrestations multiples, semble désormais emporter dans son sillage des journalistes et des responsables de la sécurité. Une situation qui alimente les débats sur la liberté de la presse et la gestion des affaires judiciaires sensibles au Sénégal.

Tout a commencé avec la fuite de Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication, actuellement en France malgré l’arrestation de sa femme et de ses enfants. À la suite de cette évasion, plusieurs fonctionnaires ont été relevés de leurs fonctions, notamment les chefs de la Division des Investigations Criminelles (DIC) et du commissariat spécial de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD), tenus pour responsables de manquements dans la surveillance du dispositif.

Mais l’affaire a pris une nouvelle tournure ce mercredi 29 octobre 2025, avec l’arrestation de deux journalistes : Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, et Babacar Fall, directeur de l’information à la RFM. Leur interpellation fait suite à une interview accordée depuis la France par Madiambal Diagne lui-même. Une diffusion qui aurait déplu aux autorités judiciaires, lesquelles soupçonnent une possible participation — directe ou indirecte — à la fuite de l’homme d’affaires.

Pour de nombreux observateurs, cette affaire est devenue une véritable « malédiction » pour ceux qui y sont mêlés de près ou de loin. « La faute serait de participer à sa fuite, de manière directe ou indirecte. Mais il ne faut pas oublier que le droit à l’information est garanti par la Constitution », rappellent plusieurs acteurs de la société civile, inquiets de la tournure que prend le dossier.

Placé sous contrôle judiciaire ce mardi, Madiambal Diagne reste sous le coup d’un mandat d’arrêt international, émis le 26 septembre 2025 par le Pool Judiciaire Financier du Sénégal. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux en bande organisée, ainsi que pour complicité dans ces infractions présumées.

Cette procédure découle d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui met en cause le journaliste et homme d’affaires dans des transactions suspectes avec une entreprise étrangère.

Entre décisions administratives, poursuites judiciaires et atteintes présumées à la liberté de la presse, l’affaire Madiambal Diagne semble désormais dépasser le simple cadre judiciaire pour devenir une affaire d’État, soulevant des questions cruciales sur la gouvernance, la justice et la démocratie au Sénégal.