Les producteurs de riz local tirent la sonnette d’alarme et alertent les autorités sur une situation préoccupante : une partie importante de leur production pourrait rester invendue, au profit du riz importé.
Après les récoltes de cette année, 5000 tonnes de riz blanc et 190 000 tonnes de riz paddy risquent de rester entre les mains des producteurs locaux, principalement dans la vallée du fleuve Sénégal. « Lors de la dernière campagne, nous avons emblavé 43 000 hectares de riz de Saint-Louis à Bakel. Nous avons récolté avant la saison des pluies et seules 17 % des exploitations ont été financées par les institutions financières. Le reste a été supporté par les producteurs et leurs partenaires nationaux, à hauteur de 6 à 7 milliards de FCFA », a expliqué Baba Diallo, chargé de formation du sous-collège des producteurs de riz de Dagana.
Selon lui, le principal problème actuel est l’écoulement de la récolte. « Nous ne pouvons pas vendre notre riz, car le riz importé est déjà présent en grande quantité. Le Sénégal, qui avait l’habitude de disposer de stocks pour trois mois, enregistre désormais un stock de six mois avec du riz importé. Cette situation est inquiétante pour les producteurs locaux », a-t-il ajouté.
Baba Diallo appelle les autorités à renforcer les mesures sur l’importation du riz, afin de permettre aux producteurs locaux de commercialiser leurs récoltes. « Cette situation est due aux importateurs, qui ont été, on peut le dire, soutenus par l’État. L’industrie du riz local emploie directement et indirectement plus de trois millions de personnes. On ne doit pas la léser au profit d’une poignée d’importateurs qui empochent des milliards. Nous invitons donc l’État à prendre ses responsabilités pour faciliter l’écoulement du riz local et assurer le versement des subventions dues », a-t-il conclu.