Sous la présidence conjointe de M. Cheikh Diba, Ministre des Finances et du Budget du Sénégal, et de M. Alioune Dione, Ministre de la Microfinance et de l’Économie Sociale et Solidaire, la Fédération des Associations Professionnelles des Systèmes Financiers Décentralisés de l’UEMOA (FAPSFD-UEMOA) a tenu, ce jeudi 30 octobre, la 9ᵉ Réunion de son Conseil Fédéral à Dakar. Cette rencontre de haut niveau a réuni les représentants des huit États membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), des dirigeants d’institutions de microfinance, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
L’événement a marqué un tournant institutionnel majeur avec le passage de témoin de la présidence de la Fédération du Mali au Sénégal, symbolisant la continuité et la solidarité entre les pays membres.
M. Mamadou Ndiaye, Directeur de cabinet du Ministre de la Microfinance et de l’Économie Sociale et Solidaire, représentant le Ministre Alioune Dione, a salué « le rôle fédérateur et stratégique de la FAPSFD-UEMOA dans la consolidation du secteur de la microfinance ».
Il a rappelé que la microfinance reste un levier incontournable de l’inclusion financière et du développement socio-économique, soulignant qu’au Sénégal, le secteur compte 297 institutions agréées, 4,5 millions d’usagers, 565,6 milliards de FCFA de dépôts et 765,6 milliards de FCFA d’encours de crédits.
« L’objectif, a-t-il précisé, est de replacer la microfinance au cœur de l’économie sociale et solidaire, en la réorientant vers sa mission première : la création de valeur, l’autonomisation et la résilience communautaire. »
M. Ndiaye a également réaffirmé l’engagement du gouvernement sénégalais, sous l’impulsion du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, à renforcer le rôle du secteur dans le financement des acteurs économiques, notamment les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).
Prenant la parole à son tour, M. Mamadou Cissé, président de l’Association Professionnelle des Institutions de Microfinance du Sénégal (APIM-Sénégal), a exprimé sa fierté d’accueillir cette 9ᵉ session à Dakar, « terre d’hospitalité et berceau historique de la Fédération ».
Il a rappelé que la FAPSFD-UEMOA est née à Dakar en octobre 2016, à l’issue d’une réunion fondatrice.
« Tenir aujourd’hui cette rencontre ici-même est un symbole fort de résilience et de fidélité à nos ambitions initiales, » a-t-il déclaré.
M. Cissé a ensuite identifié trois défis majeurs pour la Fédération : La mise en conformité réglementaire, afin d’assurer la stabilité et la crédibilité du secteur ; La digitalisation des services financiers, désormais une nécessité stratégique pour toucher les populations rurales et accroître l’efficacité opérationnelle ; L’accès à des ressources financières durables, condition sine qua non pour soutenir la croissance et l’innovation.
Il a également plaidé pour un renforcement de la coopération régionale, de la mutualisation des efforts et du partage d’expériences entre les pays membres.
M. Modibou Coulibaly, président sortant de la FAPSFD-UEMOA et président de l’APSFD-Mali, a, pour sa part, salué la confiance renouvelée à la Fédération et la transition vers la présidence sénégalaise.
Il a rappelé que la zone UEMOA compte aujourd’hui 540 Systèmes Financiers Décentralisés, totalisant 4 836 points de services, plus de 20,2 millions de membres, 2 665 milliards FCFA de dépôts et 2 683 milliards FCFA d’encours de crédits.
« Ces chiffres traduisent la vitalité du secteur, mais aussi la responsabilité collective qui nous incombe en matière de gouvernance, de transparence et de performance, » a-t-il souligné.
Représentant le Gouverneur de la BCEAO, M. François Sène, Directeur national de la Banque Centrale pour le Sénégal, a félicité le Sénégal pour sa prise de présidence et salué le travail accompli par le Mali.
Il a rappelé que la microfinance demeure le deuxième contributeur à l’inclusion financière dans l’Union, après les émetteurs de monnaie électronique, avec un taux d’utilisation des services de 22,16 % sur un taux global de 76,60 %.
M. Sène a évoqué les grands chantiers en cours, notamment : la mise en œuvre de la nouvelle loi sur la microfinance, qui introduit des innovations majeures (capital minimum, gouvernance renforcée, élargissement des activités autorisées) ; le déploiement de la stratégie régionale d’inclusion financière 2025–2030, visant un taux de 90 % d’ici cinq ans ; et le lancement de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI), inaugurée le 30 septembre 2025, pour faciliter les transactions et promouvoir la digitalisation.
« Les SFD doivent être pleinement intégrés à cette nouvelle infrastructure régionale, » a-t-il recommandé, avant de réaffirmer l’appui constant de la BCEAO à la Fédération et aux acteurs de la microfinance.
La 9ᵉ Réunion du Conseil Fédéral de la FAPSFD-UEMOA a été saluée comme une plateforme stratégique d’échanges, de coordination et d’innovation.
Tous les intervenants ont souligné la nécessité d’une microfinance plus inclusive, plus numérique et plus solidaire, capable d’accompagner les transformations économiques et sociales des États de l’Union.
La présidence sénégalaise, qui assurera la direction de la Fédération pour les deux prochaines années, s’est engagée à poursuivre les réformes engagées, dans un esprit de coopération régionale, de rigueur et de solidarité.
En clôturant les travaux, les autorités ont réaffirmé leur volonté commune de faire de la microfinance un pilier de la justice sociale et du développement durable dans l’espace UEMOA.
PMF