Hommage aux mystérieux !
Hommage à ces grands hommes et grandes femmes qui ont connu l’État du Sénégal, qui ont servi l’État du Sénégal, et qui sont partis avec ses secrets dans le silence et la dignité.
Hommage au grand Léopold Sédar SENGHOR, par qui l’État est né.
Et pourtant, quelle surprise d’entendre aujourd’hui un homme, le populiste Ousmane SONKO, se proclamer « révélateur » et dire, sans honte, qu’il fera la curée de l’État du Sénégal le 8 novembre 2025.
Après tant de conférences de presse, tant d’hypocrisie et tant de manquements à l’égard de l’institution suprême, il ose promettre de révéler les secrets de notre Nation.
Il s’attaque à l’État, au FMI, aux institutions, et prétend redresser le pays tout en l’enfonçant dans la dette et la division.
Mais qu’il sache une chose : les secrets de l’État ne se livrent pas, ils se gardent.
Même les femmes mariées gardent des secrets pour leurs époux.
Les secrets sont sacrés, transmis dans le silence, portés dans la discrétion des grands hommes.
Parmi eux, les Pères fondateurs et bâtisseurs de l’État comme :
Léopold Sédar Senghor (1906–2001) Premier président de la République du Sénégal, père du socialisme africain et du concept de la négritude.
Mamadou Dia (1910–2009) Premier président du Conseil, architecte de la politique économique et sociale du Sénégal indépendant.
Valdiodio N’diaye (1923–1984) Ancien ministre de l’Intérieur et grand artisan de l’administration territoriale.
Abdoulaye Fadiga (1934–1988) Premier gouverneur de la BCEAO, homme de rigueur et de vision économique.
En plus, des gardiens de l’institution et du droit je veux citer :
Me Alioune Badara Cissé (1958–2021) Premier Médiateur de la République du Sénégal, juriste et homme d’équilibre.
Le juge Kéba Mbaye (1924–2007) Juge international, président de la Cour suprême et du Comité international olympique, symbole de probité.
Maître Jacques Baudin (1942–2021) Ancien ministre et juriste respecté, serviteur fidèle de la République.
Ensuite les diplomates et administrateurs exemplaires comme :
Bruno Diatta (1948–2018) Directeur du protocole d’État sous quatre présidents, figure du silence et de la loyauté républicaine.
Le professeur Amadou Mahtar M’Bow (1921–2024) Ancien directeur général de l’UNESCO, diplomate panafricaniste de stature mondiale.
Ibrahima Fall (1942–2021) Diplomate et ministre, homme de consensus et d’élégance républicaine.
Et encore les immortels, militaires et patriotes :
Le général Amadou Abdoulaye Dieng (1944–2017) — Chef d’état-major général des armées, homme de discipline et de nation.
Le général Lamine Cissé (1939–2019) — Ancien ministre de l’Intérieur et médiateur en Afrique de l’Ouest, serviteur de la paix.
Le capitaine Mbaye Diagne (1958–1994) Officier de l’armée sénégalaise, héros de la mission onusienne au Rwanda, mort en sauvant des vies.
En fin les intellectuels et serviteurs de l’État par la pensée :
Le professeur Cheikh Anta Diop (1923–1986) Historien, physicien et penseur de la renaissance africaine.
Le professeur Iba Der Thiam (1937–2020) Historien, ministre et coordinateur de l’Histoire générale du Sénégal.
L’homme d’État Ousmane Tanor Dieng (1947–2019) Secrétaire général du Parti socialiste, artisan du dialogue politique.
L’écrivain Djibril Tamsir Niane (1932–2021) Historien naturalisé sénégalais, défenseur du patrimoine africain.
L’écrivain Ousmane Sembène (1923–2007) Cinéaste et témoin lucide de la société sénégalaise.
L’écrivaine Mariama Bâ (1929–1981) Éducatrice, figure de la dignité féminine et du patriotisme.
Tous connaissaient l’État, tous ont servi et aucun n’a trahi le secre.
Le vaillant Bruno Diatta incarne à jamais ce mystère.
Quarante ans au service du protocole : avec le président Léopold Sédar Senghor, avec le président Abdou Diouf, avec le président Abdoulaye Wade, avec le président Macky Sall il a tout vu, tout entendu, et jamais il n’a parlé.
Il est mort avec l’État dans son cœur et dans son silence.
Aujourd’hui, S.E.M. le président @Bassirou Diomaye Diakhar FAYE , malgré sa jeunesse, connaît beaucoup de choses qu’il ne révélera jamais, et il doit y être ferme.
Qu’il demande à son Premier ministre de garder la même retenue et de ne point s’égarer dans des manifestations inutiles, car les priorités du Sénégal sont ailleurs :
le coût du loyer, de l’eau, de l’électricité, des denrées alimentaires tout augmente.
Et pendant ce temps, notre pays fait face à deux inondations : à Touba, causée par les pluies, et au Nord, par le débordement du fleuve.
Voilà les urgences qu’un gouvernement responsable doit gérer, et non des discours populistes qui mettent la Nation au bord du gouffre.
Ces hommes et ces femmes ont compris que le secret est la colonne vertébrale de l’État.
Et celui qui prétend tout révéler ne connaît ni l’État, ni la dignité, ni la culture du silence.
Un tel homme n’a rien d’un homme d’État.
Un homme qui se réclame de la Casamance et du bois sacré devrait le savoir :
la Casamance, c’est d’abord le respect du secret, le culte du sacré, la parole mesurée.
Celui qui dit avoir fait le bois sacré et promet de révéler les secrets du Sénégal a trahi son initiation il a raté son bois sacré.
Le 8 novembre, s’il ose profaner la mémoire du Sénégal, il n’insultera pas seulement l’État :
il insultera la mémoire des mystérieux, des bâtisseurs silencieux, des gardiens du secret national.
Alors, hommage à nos mystérieux.
Hommage à nos grands hommes.
Hommage à ces vaillants qui ont su se taire pour protéger l’État.
Mission accomplie. Je me retire.
Monsieur le Président Mr Bougar DIOUF
Union des Panafricanistes Sénégalais UPS