Le député et activiste Guy Marius Sagna a, une nouvelle fois, fait une sortie au vitriol contre certaines pratiques politiques et médiatiques au Sénégal. Dans une déclaration rendue publique, il évoque de graves soupçons de détournement de fonds publics impliquant l’ancien ministre Doudou Ka, tout en dénonçant la collusion présumée entre une partie de la presse nationale et les « oppresseurs du peuple sénégalais ».
Selon lui, « il est revenu que l’ancien ministre Doudou Ka a acheté cinq petits avions de moins de 20 places à cinq (5) milliards de francs CFA l’unité ». Une opération qui, si elle se confirmait, « relèverait clairement d’une manœuvre de surfacturation et donc d’un détournement de l’argent des Sénégalais », a-t-il soutenu. Guy Marius Sagna affirme que l’Assemblée nationale sera saisie de cette affaire afin que la lumière soit faite.
Le parlementaire n’a pas manqué d’évoquer la « fuite » de l’ancien ministre, qu’il relie à ces soupçons : « C’est peut-être une des raisons de sa fuite. Des fuyards comme l’ancien ministre Doudou Ka, il y en a plusieurs », déclare-t-il, dénonçant une impunité persistante pour certains responsables accusés de mauvaise gestion.
Mais au-delà de ce cas, Guy Marius Sagna s’en est pris à une partie de la presse sénégalaise, qu’il accuse de servir les intérêts de ces « fuyards, oppresseurs et voleurs ». Dans une comparaison audacieuse, il établit un parallèle entre la situation sécuritaire dans les pays du Sahel et le rôle de certains médias au Sénégal :
« Si ailleurs, au Niger, au Burkina ou au Mali, le néocolonialisme utilise les terroristes comme auxiliaires pour ramener ces pays dans le giron de la Françafrique, ici au Sénégal, ce sont certains journalistes et organes de presse qui sont utilisés », soutient-il.
Pour le député, certains acteurs des médias auraient « cessé d’être des journalistes » pour devenir de véritables « auxiliaires néocoloniaux ». Il appelle à réfléchir à des moyens de « réduire leur capacité néocoloniale de nuisance », tout en reconnaissant que même au sein de la presse, « de vrais journalistes » défendent parfois des positions néocoloniales sous couvert de liberté éditoriale.
Cette sortie de Guy Marius Sagna relance le débat sur la moralisation de la vie publique et le rôle des médias dans la défense de l’intérêt national. Elle intervient dans un contexte où la reddition des comptes et la transparence dans la gestion des ressources publiques sont au cœur du discours politique au Sénégal.