La question de l’emploi des jeunes au Sénégal devient de plus en plus préoccupante. Cette frange, qui représente près de 20 % de la population, reste toujours enchaînée aux dures réalités du chômage. L’incident survenu hier devant les locaux de Diodio Glow Skin en est une illustration parfaite.
Après avoir annoncé le dépôt de candidatures pour l’ouverture de son nouvel immeuble, la promotrice de produits cosmétiques s’est retrouvée face à une marée humaine de jeunes venus tenter leur chance. Pour une offre estimée à une quarantaine de postes au maximum, ce sont plusieurs centaines de demandeurs d’emploi qui ont afflué sur les lieux. Les images, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité l’indignation et l’émotion des Sénégalais. La police a dû intervenir pour disperser la foule venue déposer des CV.
Cet épisode traduit la profondeur du désarroi d’une jeunesse en quête d’opportunités, mais aussi sa détermination à s’en sortir. Il révèle une réalité amère : le chômage, qui touche plus de trois millions de Sénégalais, mine le moral et l’avenir de toute une génération. Entre frustration et désespoir, de nombreux jeunes se sentent aujourd’hui au bord du gouffre.
Cette situation relance le débat sur l’efficacité des politiques publiques en matière d’emploi. Malgré l’existence d’agences dotées de moyens considérables — telles que l’ANPEJ, la DER/FJ et d’autres structures publiques — les résultats restent loin des attentes. Ces organismes, censés accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle, sont souvent accusés de clientélisme politique et d’un manque d’impact réel sur le terrain.
L’incident de Diodio Glow Skin interpelle directement la responsabilité des autorités gouvernementales. Des actions concrètes et inclusives s’imposent pour répondre à cette urgence nationale. Car pendant que le chômage s’aggrave, l’immigration clandestine continue d’emporter des vies, symbole du désespoir d’une jeunesse qui ne demande qu’à travailler dignement dans son pays.
A. Ba