Supposition de surfacturation : des accusations fragiles du Premier ministre Sonko contre le ministre Abdourahmane Diouf

Dans un nouvel épisode de la politique-spectacle à la sauce Sonko, le Premier ministre a cru tenir un scandale d’État en accusant Abdourahmane Diouf de surfacturation dans les marchés universitaires. Mais à l’épreuve des faits, le château de cartes s’effondre. Aucun marché conclu, aucun contrat signé, aucun rapport commandité : les accusations reposent sur du vent. L’enquête de L’Observateur le confirme — les procédures ont été menées dans les règles, sous la supervision d’organes techniques indépendants. Diouf, alors ministre de l’Enseignement supérieur, n’a fait qu’assurer le suivi administratif d’un projet initié bien avant sa nomination. Autant dire que la prétendue surfacturation n’existe que dans la rhétorique d’un Premier ministre friand de coups politiques sans preuves tangibles.

Piège manqué de Sonko à Ass ?

Sous des airs de croisade contre la corruption, Ousmane Sonko semble avoir tenté un coup politique bien calibré : fragiliser un rival sérieux sur le terrain de la crédibilité et de la rigueur. Mais le stratagème a échoué. Fidèle à son image d’intellectuel méthodique, Abdourahmane Diouf n’a pas réagi par l’émotion. La solidité des faits rapportés par l’Observateur dans sa parution du jour a suffit à lever tout équivoque. Les explications, adossées à la transparence des procédures et aux textes qui encadrent les marchés publics, ont mis à nu les limites de l’accusation. En voulant tendre un piège politique, Ousmane Sonko a surtout révélé son amateurisme et son empressement à discréditer ceux qui refusent la politique du soupçon.

Dans cette affaire supposée de surfacturation, Abdourahmane Diouf sort renforcé. Là où certains cherchent la polémique, lui oppose la rigueur. Là où d’autres insinuent, il démontre. Et c’est cette maîtrise tranquille qui a fait échouer la stratégie d’un pouvoir plus prompt à accuser qu’à administrer. À défaut de preuves, le Premier ministre offre aux Sénégalais le spectacle d’une diversion mal ficelée. Abdourahmane Diouf, lui, en sort grandi : un homme d’État qui refuse la calomnie et qui, par sa constance, rappelle que la vérité finit toujours par triompher du calcul politique.

Babacar Alwaly NDIAYE
Coordonnateur Awalé – HLM