L’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) a lancé ce mardi, la troisième édition de l’Académie de Financement dédiée aux Structures d’Appui et d’Encadrement (SAE). Organisée en partenariat avec la GIZ, cette rencontre, qui se déroule du 11 au 13 novembre 2025, s’inscrit dans la continuité des efforts visant à faciliter l’accès des PME au crédit bancaire et à renforcer la solidité du tissu entrepreneurial sénégalais.
Créée dans le cadre du Dispositif de Financement des PME conjointement mis en place par la GIZ et l’ADEPME, l’Académie de Financement ambitionne de renforcer les capacités techniques et opérationnelles des structures qui accompagnent les PME dans la préparation de leurs dossiers de financement.
Après deux premières éditions couronnées de succès, ayant formé plus de 400 acteurs du financement, cette nouvelle session cible spécifiquement les SAE agréées, véritables chevilles ouvrières du dispositif d’accompagnement.
L’événement rassemble 30 structures d’appui, les principales banques partenaires (Ecobank, UBA, Société Générale Sénégal, Banque Islamique du Sénégal, Bridge Bank), ainsi que la BCEAO, la GIZ et l’ADEPME. Pendant trois jours, experts et praticiens échangent sur les meilleures pratiques en matière de gestion des risques, de structuration de projets et d’analyse de la bancabilité des PME.
Pour le Dr Soyinou Ndao, directeur de la croissance, de l’accompagnement au financement et de la restructuration à l’ADEPME, cette édition marque un tournant stratégique. « Cette année, nous avons choisi de nous concentrer sur les Structures d’Appui et d’Encadrement, car ce sont elles qui préparent les dossiers et accompagnent les PME. Si nous voulons un accès massif et sécurisé au financement, il faut que les SAE comprennent parfaitement les exigences des banques et que ces dernières saisissent la valeur ajoutée du travail des SAE », a-t-il expliqué.
L’enjeu principal, selon lui, est de lever les incompréhensions persistantes entre les SAE et les institutions financières. L’Académie permettra ainsi des échanges directs avec cinq banques partenaires afin de mieux harmoniser les pratiques et d’identifier les leviers d’amélioration.
« Notre objectif, explique Dr Ndao, est d’atteindre 3 000 milliards de FCFA mobilisés au profit des entreprises, et de faire passer la part des PME dans le portefeuille des banques de 9 % à au moins 18 %. »
Pour y parvenir, l’agence mise sur trois leviers complémentaires : la mise à niveau des SAE à travers des formations et échanges comme ceux de l’Académie ; la digitalisation des processus via le Guichet Unique de Financement (GUF), plateforme d’interconnexion entre PME, banques et structures d’appui ; et enfin, une cartographie nationale des SAE afin de renforcer leur présence dans tous les territoires, de Kédougou à Saint-Louis.
Partenaire historique de l’ADEPME, la GIZ accompagne depuis plusieurs années le Sénégal dans la mise en place d’outils favorisant l’accès des PME au financement.
Madame Julia Kartz, directrice régionale de la GIZ, a salué la tenue de cette nouvelle édition. « Nous travaillons main dans la main avec l’ADEPME depuis plusieurs années pour améliorer l’accès au financement des PME. Ensemble, nous avons développé le GUF, et nous venons d’entamer sa refonte afin de le rendre plus simple, plus accessible et plus fonctionnel », a-t-elle déclaré avant de poursuivre : « Vous êtes les acteurs clés de l’accès au financement. Votre feedback est essentiel pour améliorer nos outils et mieux comprendre les besoins réels des entreprises. »
En réunissant les acteurs publics, les institutions financières et les structures d’appui, l’Académie de Financement se positionne comme un instrument clé de la stratégie nationale pour un financement structuré et inclusif des PME.
À terme, cette synergie devrait contribuer à renforcer la compétitivité, favoriser la formalisation et accélérer la croissance des entreprises sénégalaises.
« Soutenir durablement le financement structuré, sécurisé et performant des PME, c’est accompagner la transformation économique du Sénégal », a conclu le Dr Ndao.
PMF