PASTEF : La nécessité d’une seule tête, d’une direction unique, condition sine qua non d’une stabilité politique (Par Me Diaraf Sow)

Ma proposition

Dans le cadre strict de la politique ou de l’administration, le principe cardinal de la soumission hiérarchique impose une réalité incontournable : il ne peut y avoir qu’un seul leader, un seul dirigeant à la tête de l’organisation.

L’efficacité et la cohérence de l’action reposent sur une chaîne de commandement claire et respectée.

La dispersion de l’autorité mène inévitablement à la paralysie et aux conflits de direction.

Il appartient ainsi à une entité comme le parti PASTEF de définir et de mettre en œuvre la formule organisationnelle qui garantira l’existence d’un dirigeant unique, dont l’autorité est acceptée et obéie par tous les membres.

DEUX VOIES PRINCIPALES SE PRÉSENTENT POUR RÉSOUDRE CE PROBLÈME DE DIRECTION UNIQUE:

La première est l’autorité du Président du parti PASTEF et la deuxième, l’autorité du Président de la République.

I. L’AUTORITÉ EXCLUSIVE DU PRÉSIDENT DU PARTI PASTEF OUSMANE SONKO

Le parti PASTEF, désormais aux commandes de l’État sénégalais, peut opter pour une structure organisationnelle où Ousmane Sonko, en tant que Président du parti PASTEF et actuel Premier Ministre, exerce une autorité prépondérante.

Cette approche soulève des questions sur une potentielle forme de « parti-État », où les orientations stratégiques majeures seraient définies et validées au niveau du parti avant d’être mises en œuvre au sein de l’appareil gouvernemental.

Conférer au Président Ousmane Sonko une autorité affirmée au sein du PASTEF pourrait, selon cette perspective, renforcer l’autonomie et la cohérence de l’action politique du parti.

Cela permettrait une prise de décision plus réactive face aux défis de gouvernance, en évitant les lourdeurs bureaucratiques et en assurant l’alignement de l’action gouvernementale sur la « politique de rupture » promise aux électeurs.

Cependant, la mise en œuvre efficace de cette autorité nécessite des mécanismes de coordination clairs entre les instances dirigeantes du parti (notamment le bureau politique) et les institutions de l’État (la Présidence et le gouvernement).

Des réunions régulières et des canaux de communication efficaces entre les responsables du PASTEF et les représentants de l’État seront essentiels pour garantir une coopération fluide et éviter les tensions, comme celles récemment observées concernant le leadership de la coalition au pouvoir.

Pour garantir une gouvernance responsable et transparente, le parti devra également renforcer ses mécanismes de contrôle et de reddition de comptes.

La publication régulière d’informations sur les décisions prises et les actions menées, ainsi que la mise en place de comités de surveillance internes, permettraient de s’assurer que l’autorité du président du parti est exercée dans le respect de l’éthique et des intérêts du Sénégal, tout en informant et impliquant la base militante.

En définitive, l’autorité d’Ousmane Sonko au sein du PASTEF constitue un atout politique majeur pour imprimer une direction claire au pays.

Son exercice doit cependant être encadré par des processus rigoureux pour équilibrer la nécessité d’une action rapide et efficace avec les exigences de transparence, de responsabilité démocratique et de respect de la séparation des pouvoirs au sein du nouvel exécutif sénégalais.

II. L’AUTORITÉ DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE BASSIROU DIOMAYE FAYE ET LA GOUVERNANCE ÉTATIQUE

Dans cette optique, les membres du PASTEF accepteraient de se placer sous l’autorité de Bassirou Diomaye Faye, qui, en tant que chef de l’État, assumerait ses pleines fonctions de Président de la République.

Ce modèle impliquerait une hiérarchie claire où la direction du parti s’alignerait sans conteste sur les orientations présidentielles.

Bien que n’étant pas le président du parti PASTEF mais le candidat désigné du président du parti PASTEF devenu Président de la République, son leadership devra être accepté par le parti du fait de sa fonction d’autorité suprême de l’État.

Dans ce modèle de gouvernance, la consultation entre le Président de la République, Chef de l’État et le président du parti PASTEF parti présidentiel est primordiale bien que la décision finale relève, conformément à la Constitution sénégalaise, de la prérogative présidentielle pour les affaires de l’État.

Conformément à la Constitution sénégalaise, le pouvoir exécutif est concentré entre les mains du Président de la République, qui est le Chef de l’État.

Bien qu’il puisse déléguer certains pouvoirs au Premier ministre, les décisions stratégiques et régaliennes lui reviennent exclusivement.

Même si Ousmane Sonko, en tant que président du PASTEF et Premier ministre, joue un rôle central dans l’élaboration des politiques et la gestion quotidienne, la hiérarchie institutionnelle place le Président Faye comme l’autorité ultime pour les affaires de la République.

En raison de leur appartenance au même mouvement le PASTEF et de la relation de confiance et de loyauté qui les unit, les deux dirigeants devront se consulter régulièrement.

Cette collaboration est cruciale pour assurer la cohérence entre les orientations du parti (définies par Ousmane Sonko et les instances du PASTEF) et la mise en œuvre de la politique gouvernementale (menée sous l’égide du Président Faye et de son gouvernement).

Cette consultation peut même être institutionnalisée mais peut aussi être informelle mais indispensable.

En définitive, le maintien d’une situation où plusieurs individus prétendent diriger, émettre des directives et prendre des décisions de manière autonome générera inévitablement des divergences, des luttes de pouvoir et nuira à la stabilité de l’ensemble.
C’est une règle générale en sciences politiques et même en sciences administratives.

Cependant, la nécessité d’une direction unique n’exclut pas la collaboration.
Dans le cadre d’une collaboration politique saine, il est fréquent, voire essentiel, que le leader consulte ses collaborateurs politiques.

Cette consultation, bien qu’informelle ou institutionnalisée, est cruciale pour recueillir des avis, évaluer différentes perspectives et s’assurer d’une adhésion maximale avant de prendre certaines décisions importantes.

La décision finale reste toutefois le privilège du dirigeant unique.

Pour garantir l’efficacité de la direction unique, il est important de mettre en place des mécanismes de contrôle et de régulation pour éviter que la concentration du pouvoir ne dégénère en autoritarisme.

Cela pourrait inclure la mise en place de structures de contrôle internes, telles que des comités de surveillance ou des mécanismes de reddition de comptes, ainsi que des garanties pour la protection des droits et des intérêts des membres du parti.

En fin de compte, la clé du succès réside dans la capacité du parti à définir une structure de direction claire et efficace, qui équilibre les besoins de stabilité et de flexibilité, tout en garantissant la participation et l’adhésion de tous les membres.

Me Diaraf SOW Doctorant en Sciences Politiques
Président national de l’Alliance Démocratique pour une Afrique Émergente/Joowléene (Mouvance Présidentielle)

Ousmane SONKO
Bassirou Diomaye Faye
El Malick Ndiaye