IBRAHIMA NGOM DAMEL : « Ne trahissez pas l’espoir !!! »

« LA POLITIQUE DES PARTIS FATIGUE LES ORGANES GENITAUX DE LA REPUBLIQUE ».

A la suite de la clameur née des nombreuses contreverses entre le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye et son Premier Ministre Ousmane Sonko, j’avais décidé de me tenir coi. Mais, au finish, le devoir républicain m’oblige à me joindre au débat car je me veux aussi un citoyen engagé et, au sens satrien du terme (cf.Un intellectuel engagé est celui qui se mêle de tout et,même,
de ce qui ne lui regarde pas », nous pontifie l’auteur de La Nasée, Jean Paul Sartre. Et je ne pense pas que la situation du Sénégal qui donne de la nausée,
aujourd’hui, m’indiffère. Loin s’en faut! Je suis Sénégalais bon teint. Oui !Sénégalais de souche, je le suis jusqu’au trognon.

La sortie d’Ousamane Sonko lors de son Tera meeting tenu le 8 novembre 2025 a comme mis le feu à la plaine Pastef. Son ton martial et la force polémique de son discours ont poussé son compère, le Président Diomaye, à se dresser sur ses ergots. La démonstration de force du porte-étendard du Projet n’a pas fait que des heureux au sein de la mouvance présidentielle et, même, ailleurs. Se sentant comme rapetissé, réduit à son propre ombre, le Président Diomaye a bien voulu se montrer garçon
(comme disent nos parents les ivoiriens). Il a pris la ferme décision d’envoyer aux fourches caudines Tata Aïda et d’adouber mère Mimi, histoire d’impulser une nouvelle cadence à la Coalition électorale qui l’a porté au pouvoir le 24 mars 2024.Signe de défiance? Exhalaison de trahison? Je ne saurais l’affirmer.

Tout observateur lucide de notre scène politique sait que Diomaye est élu Président de la République grâce à la baraka d’Ousmane Sonko. Lui,même, le sait. Le peuple sénégalais, l’Afrique et le monde peuvent en témoigner ainsi que toute personne de bonne foi. Celui qui était incapble de remporter, ne serait-ce, qu’une petite Commune rurale
(Ndiaganiao,
dép.Mbour,
région Thiès) lors des électorales locales de 2022 est alors parvenu à s’adjuger un score honorable de plus de 56% lors du scrutin présidentiel. Le charisme, l’aura et le courage d’Ousmane Sonko ont pesé lourd sur la balance électorale. Une évidence.

Aujourd’hui, le Président Diomaye doit ressaissir, revenir à la terre en refusant de céder aux sirènes des profiteurs de régimes, ces prophètes du malheur qui travaillent à le détacher de son plus que frère, son camarade d’infortune. On ne peut pas réussir le Projet avec ces chancres de l’ancien système, ces gens-là qui veulent manger à tous les râteliers. On voit cette nouvelle recrue clamer tous azimuts avoir fait rallier à sa cause des partis et mouvements qui ne sont en réalité que de simples cabines téléphoniques, de petits poucets. L’enjeu n’est pas de peupler une coalition avec une liste de partis et/ou de mouvements pour prétendre détenir la majorité. Qui trompe qui? Que cesse cette guéguerre politique et qu’on oriente toutes les énergies vers la construction d’un nouveau Sénégal, souverain, juste et prospère en s’appuyant sur l’héritage des devanciers comme Diouf, Wade et Macky. Pour ce faire, j’invite les nouveaux tenants du pouvoir à déserrer l’étau, à faire preuve de pardon et de réconciliation. Continuons de garder intacts et industructibles nos acquis démocratiques. L’Afrique et le monde nous regardent. L’Histoire est prête à nous juger. Oeuvrons alors pour figurer dans ces plus illustres et glorieuses pages.

Ibrahima NGOM Damel