À l’occasion de la relance des activités du Parti socialiste (PS), la Vice-présidente du Mouvement national des femmes socialistes, Aïda Sow Diawara, a livré un discours fort, empreint d’histoire, de vigilance démocratique et d’espoir, devant la Secrétaire générale du parti, Aminata Mbengue Ndiaye, les membres du Bureau politique et de nombreuses militantes venues de toutes les régions du pays.
Dès l’entame, elle a salué « le leadership, la constance et la vision éclairée » d’Aminata Mbengue Ndiaye, qu’elle a décrite comme l’héritière légitime d’un parti « historique » ayant marqué la vie politique, économique et sociale du Sénégal durant des décennies. Elle a également exprimé sa reconnaissance aux structures régionales et locales, « pilliers » de la mobilisation militante.
Aïda Sow Diawara a tenu à inscrire cette cérémonie dans la continuité des combats menés par les grandes figures féminines du parti. Elle a cité tour à tour Caroline Faye Diop, première femme députée et ministre du Sénégal, ardente militante du Code de la famille ; Fatoumata Ka, ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale ; Arame Diène, symbole du militantisme socialiste ; ou encore Aïssata Tall Sall, avocate et femme d’État.
Aux côtés de ces pionnières, elle a rappelé l’apport de figures comme Maïmouna Ndongo Kane, Marie Sarr Mbodj, Mantoulaye Guène, Aminata Maïga Ka et Lena Fall Diagne, qui « ont pavé la voie » à toute une génération dont fait partie l’actuelle Secrétaire générale.
Dans un passage particulièrement remarqué, Aïda Sow Diawara a alerté sur « le recul démocratique », « l’autoritarisme », la « restriction des libertés » et « l’effacement d’adversaires politiques ». Mais c’est surtout la situation des femmes qui inquiète la dirigeante socialiste.
Elle a dénoncé la sous-représentation féminine dans le nouveau gouvernement ainsi que la disparition du terme Femme dans l’intitulé du ministère jadis dédié à leurs droits. Un symbole fort, selon elle, d’un recul préoccupant.
Malgré leur poids économique — notamment en milieu rural où elles représentent 70 % de la population active et effectuent 82,6 % des travaux agricoles — les Sénégalaises restent confrontées à de fortes inégalités. En 2023, seulement 2,7 % d’entre elles détenaient un titre foncier individuel. « De nombreux obstacles entravent leur autonomisation politique et économique, ainsi que leur résilience face aux défis climatiques », a-t-elle rappelé.
Aïda Sow Diawara a appelé à bâtir un Parti socialiste renouvelé, capable d’adresser les attentes de la jeunesse et de rassembler l’ensemble des forces sociales. Ce renouveau, dit-elle, ne pourra se faire sans les femmes, « pilier le plus solide du parti », ni sans une relève féminine formée, engagée et ancrée dans les réalités du monde actuel.
« La relance du Parti socialiste, c’est aussi la relance de l’espérance : celle d’un Sénégal juste, équitable et solidaire », a-t-elle insisté, exhortant les jeunes militantes à devenir « les artisanes du renouveau ».
Revenant sur les tensions sociales et politiques actuelles, la Vice-présidente du Mouvement national des femmes socialistes a jugé que « la société sénégalaise est en train de se fissurer ». Aux femmes du PS, elle a lancé un appel vibrant : « Dinaniou jeul souniou pusso, niaw xotti xotti yi », pour réparer les fractures et œuvrer à la stabilité du pays.
En conclusion, Aïda Sow Diawara a exprimé sa gratitude envers toutes les dirigeantes régionales et départementales, saluant leur abnégation et leur rôle essentiel dans la survie du parti. Sous la conduite d’Aminata Mbengue Ndiaye, elle a appelé les militantes à « continuer de croire, de servir et de transformer » le Sénégal.
La cérémonie s’est terminée par des hommages appuyés au Parti socialiste, au Mouvement national des femmes socialistes et à un Sénégal « uni, fort et solidaire ».