Les petites et moyennes entreprises du tourisme, de la culture et de l’artisanat en ont assez de jouer les figurants. Elles ont décidé, ce samedi 15 novembre 2025, de prendre leur destin en main en lançant le Syndicat patronal de la grappe touristique (SPGT), lors d’une assemblée générale constitutive qui pourrait bien rebattre les cartes du secteur.*
Depuis des années, ces acteurs de terrain disent subir une marginalisation devenue systémique. Subventions, appuis financiers, dispositifs d’accompagnement : les mêmes bénéficiaires raflent tout, au détriment de ceux qui assurent pourtant l’essentiel de l’activité sur le terrain.
Doudou Gnagna Diop, président du Conseil d’administration de la SAPCO et voix majeure du tourisme sénégalais, a planté le décor d’entrée.
« Les petites et moyennes structures sont systématiquement ignorées. Les subventions vont aux grands hôtels et aux multinationales. Les vrais bâtisseurs du tourisme ne sont jamais servis », dénonce-t-il, fustigeant une représentation patronale “capturée” depuis 25 ans par les mêmes lobbys.
Mamadou Ndiaye aux commandes
Élu à l’unanimité, Mamadou Ndiaye prend les rênes du SPGT avec une mission lourde : organiser, fédérer et imposer la voix des exclus du système.
« Je remercie les écoles de formation, les guides, les artisans, les acteurs culturels pour leur confiance. Le travail est immense, mais nous irons au bout », assure-t-il.
Sa priorité : ancrer le syndicat dans les huit pôles touristiques du pays. Objectif : disposer d’une base solide et de données fiables pour défendre des positions argumentées face à l’État.
« Il nous faut une nouvelle démarche. Les petites structures doivent être encadrées, financées et mises en avant. On ne peut plus développer le tourisme en les laissant derrière », insiste le nouveau président.
Une fracture qui dure depuis deux décennies
Pour Doudou Gnagna Diop, désigné Président d’honneur du SPGT, le statu quo n’est plus tenable.
« Les subventions pour le secteur tombent toujours dans les mêmes poches. J’ai défendu le crédit hôtelier à l’Assemblée nationale, mais aucune petite structure n’a jamais reçu un franc. Cela doit s’arrêter », fulmine-t-il.
Il rappelle que les artisans, guides, promoteurs locaux et petites entreprises représentent une part essentielle de l’activité touristique, mais restent sans voix ni appui réel.
Le PCA de la SAPCO salue la création du SPGT, qu’il qualifie de « syndicat bienvenu et nécessaire », et promet son soutien :
« Je vous accompagnerai de mon expérience et de tout ce que je pourrai apporter. »
Un rapport de force à reconstruire
Avec cette nouvelle structure, les petites et moyennes entreprises veulent désormais peser sur les choix de politique publique. Elles espèrent enfin sortir de l’ombre d’un modèle dominé par les grands hôtels, souvent déconnecté des réalités locales.
Le SPGT se présente comme un outil pour rééquilibrer le rapport de force et instaurer un tourisme plus inclusif, plus équitable et davantage représentatif de ceux qui vivent et animent les territoires au quotidien.
Un signal fort pour un secteur en quête de justice et de renouveau.