La region de Dakar a accueilli, ce jeudi, la réunion biennale du Comité consultatif scientifique et technique (CCST) de la Direction des Aires Marines Communautaires Protégées (DAMCP). Cet organe stratégique, réunissant chercheurs, autorités publiques, partenaires techniques et gestionnaires d’aires protégées, se rencontre pour évaluer les avancées réalisées depuis 2022 et définir les priorités scientifiques et opérationnelles des années à venir.
Institutionnalisée en 2012, la DAMCP pilote l’un des plus vastes réseaux d’aires marines protégées (AMP) d’Afrique de l’Ouest, composé de 17 sites couvrant 739 290 hectares, et placé au cœur de la politique nationale de préservation de la biodiversité marine. Dans un contexte marqué par la crise climatique, la perte de biodiversité et la pression croissante sur les ressources halieutiques, la rencontre du CCST revêt un caractère particulièrement stratégique.
Ouvrant les travaux, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Elhadji Abdourahmane Diouf, a rappelé l’importance du rôle de la DAMCP dans l’atteinte des engagements internationaux du Sénégal, notamment l’objectif mondial « 30×30 » issu du Cadre de Kunming-Montréal, qui appelle à placer au moins 30 % des zones marines et terrestres sous protection d’ici 2030.
Le ministre a salué les efforts croissants menés en matière de recherche appliquée et de suivi écologique, essentiels pour guider les décisions publiques. « La réalisation de nos engagements nécessite le renforcement du suivi écologique, de la recherche scientifique et de l’évaluation permanente de l’efficacité de nos AMP », a-t-il affirmé.
Il a également souligné le rôle central du CCST, qualifié « d’espace privilégié de réflexion, de dialogue et d’aide à la décision », ainsi que la contribution déterminante des partenaires techniques et financiers, dont GRID Arendal et l’Agence française de développement (AFD).
Présent pour la première fois devant le CCST, l’Ambassadeur de Norvège au Sénégal, Son Excellence Kurt Langland, a exprimé le soutien de son pays aux efforts nationaux en matière de protection des océans. La Norvège, l’un des leaders mondiaux de la gestion durable des ressources marines, voit dans le Sénégal « un partenaire stratégique » :
« Nous sommes heureux de voir l’expertise norvégienne contribuer directement à la gestion durable des océans au Sénégal », a déclaré le diplomate.
Il a également annoncé la mise en œuvre d’un accord bilatéral dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris, ouvrant la voie à des initiatives ambitieuses en matière d’action climatique.
Cette rencontre intervient quelques jours après l’ouverture officielle de l’ambassade de Norvège à Dakar, symbole d’un renforcement significatif de la coopération entre les deux pays.
GRID Arendal, organisation norvégienne partenaire du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), a officialisé l’ouverture d’un bureau régional à Dakar, destiné à renforcer ses collaborations avec les institutions ouest-africaines.
Sa représentante, Mme Karen Alfthan-Martinez, a salué « l’excellence du modèle sénégalais de gouvernance marine » et rappelé que le pays est devenu « un centre régional d’expertise en matière de conservation ».
« La mise en place du CCST est un modèle important pour renforcer le lien entre science et décision publique », a-t-elle déclaré.
GRID Arendal soutient actuellement plusieurs études de référence, portant notamment sur les impacts du changement climatique sur les mangroves et les ressources halieutiques dans les AMP de Cayar et Ufoyaal.
Durant deux jours, les participants examinèrent sept priorités majeures, dont : l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations du CCST 2022 ; la présentation des résultats du suivi bio-écologique 2020–2023 ; le partage des recherches réalisées sur les problématiques émergentes (changement climatique, évolution de la biodiversité marine, mangroves) ; la préparation scientifique du Congrès mondial des AMP, IMPAC6, que le Sénégal accueillera en 2027 ; la définition des bases d’un programme de recherche structuré pour l’ensemble du réseau AMP ; le renforcement du fonctionnement interne du CCST lui-même.
Ce rendez-vous constitue également un jalon crucial dans la mobilisation nationale autour de l’IMPAC6, dont Dakar sera le premier hôte africain. Un événement mondial qui, selon le ministre Diouf, « consacrera le leadership du Sénégal en matière de gouvernance marine ».
L’ensemble des interventions a mis en lumière la dynamique remarquable du pays en matière de conservation marine : coopération scientifique renforcée, essor de la recherche environnementale appliquée, appui technique international structuré, implication croissante des communautés locales.
Tous s’accordent sur un point : la science est désormais au cœur des décisions de gestion des aires marines protégées.
Pour conclure, le ministre Diouf a exprimé une vision claire :
« La richesse des échanges permettra d’orienter de façon pertinente nos futures actions de conservation et de consolider durablement la résilience de nos écosystèmes marins et côtiers. »