Le Premier ministre, Ousmane Sonko, accompagné de plusieurs ministres, est attendu à l’Assemblée nationale ce vendredi 28 novembre pour une séance de « Questions d’actualité ». Au total, 14 questions devraient lui être posées par les députés. La répartition du temps de parole prévoit que le groupe Pastef, majoritaire, posera dix questions, tandis que les autres groupes, Takku-Wallu et les non-inscrits, poseront chacun deux questions. Parmi les sujets brûlants attendus figurent notamment la dette cachée, la situation financière du pays, les promesses du FMI, le plan de redressement économique et social, ainsi que la relation tendue entre le Premier ministre et le président Bassirou Diomaye, au sein de leur coalition « Diomaye Président ». Ces tensions récentes auraient fini par affecter l’ensemble du pays.
La présence du Premier ministre suscite déjà des réactions de l’opposition. Le député Mbaye Dione, secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), a dénoncé le retard du Premier ministre à se présenter devant la représentation nationale. « Il n’a pas respecté le calendrier, il devait venir à l’Assemblée depuis au moins trois mois », a-t-il déclaré en marge d’une visite à l’archevêché de Dakar, ajoutant : « Nous allons l’attendre. Nous, députés de l’opposition, allons lui poser les véritables questions que les Sénégalais veulent entendre. »
Dans une déclaration conjointe, les députés non-inscrits et l’ensemble du groupe Takku Wallu Sénégal ont annoncé leur boycott de la séance prévue vendredi. Selon eux, cette décision répond à un impératif de cohérence et de responsabilité : protéger la dignité du Parlement, préserver le cadre républicain du débat parlementaire, et refuser la banalisation de pratiques qui dévalorisent l’institution. Pour l’opposition, cette séance a été détournée de sa vocation première. « Le Premier ministre intervient selon une logique d’opportunité politique, sans considération pour le calendrier du Parlement ni pour la solennité de l’exercice », souligne le communiqué. Les députés dénoncent des attaques et des insinuations qui transforment l’hémicycle en « scène de confrontation partisane » plutôt qu’en un espace de réponses aux préoccupations des Sénégalais.
À la veille de l’ouverture de la session budgétaire, l’opposition rappelle que l’enjeu prioritaire reste le vote du budget de l’État, essentiel pour traiter des questions clés telles que l’éducation, la santé, la sécurité, l’emploi et le pouvoir d’achat. Elle rejette donc le détournement de la séance de questions d’actualité à des fins politiques. Les députés dénoncent également le « code de conduite » imposé, qui limite arbitrairement à 13 questions pour plus de 25 ministères et donne un avantage manifeste au groupe Pastef. Selon l’opposition, ce dispositif transforme l’exercice en tribune politique plutôt qu’en véritable débat parlementaire. Trois motifs principaux justifient ce boycott : le Premier ministre aurait décidé, selon son agenda politique, de convoquer les députés à sa convenance ; l’hémicycle serait transformé en tribune de meeting politique, vidant l’exercice de toute crédibilité républicaine ; enfin, l’urgence réelle reste de répondre aux difficultés et aux souffrances des populations, ce que l’opposition entend rappeler lors du débat budgétaire, prévu dès le samedi 29 novembre.