ASSEMBLÉE NATIONALE : Le langage de vérité du MESRI aux étudiants grévistes

Depuis quelques temps l’Ucad est secoué par une crise conduite par les étudiants en Master. La crise s’est propagée dans les autres centres universitaires. Venu défendre, hier, le projet de budget de son département ministériel Pr Daouda Ngom a tenu un langage de vérité aux étudiants grévistes. D’emblée, il soutient qu’il n’y a pas de retard de paiement. Parce que selon lui, «le ministère des Finances a déjà diligenté les opérations nécessaires. Selon lui, « les virements sont en cours et les étudiants percevront leurs bourses demain ou après-demain ». Ce problème, selon lui, est causé en grande partie par un chevauchement inédit des années universitaires. «La fermeture des universités pendant huit mois en 2023 a augmenté les difficultés qu’on a aujourd’hui sur les bourses », a expliqué Pr Daouda Ngom. Sur les grèves cycliques, le ministre de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation invite les étudiants à adopter une approche plus constructive dans la gestion de leurs revendications. « Il faut que les étudiants acceptent de payer leurs tickets de resto. Depuis une semaine, ils font ce qui est communément appelé ‘’Ngenté Toubab’’, ce qui n’est pas normal, et l’État prendra ses responsabilités. Il faut qu’ils acceptent le dialogue », a-t-il prévenu, appelant à davantage de retenue et de concertation ». Par rapport aux bourses des étudiants, il prône une révision qui touchera le cadre réglementaire pour trouver une solution définitive. « Il faut une révision du décret 2014-963 », a-t-il indiqué, en référence au texte qui fixe depuis 2014 les critères d’attribution des bourses, ainsi que les modalités relatives aux demi-bourses, particulièrement liées aux performances au baccalauréat. «Ce travail de révision permettra d’adapter le système aux réalités actuelles de l’enseignement supérieur, à la massification et aux contraintes budgétaires », propose t- il. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il explique aux députés que «l’État du Sénégal consent énormément d’efforts en matière d’œuvres sociales universitaires, d’autant plus qu’il subventionne encore les tickets de restauration. Par rapport à la problématique des bourses des étudiants, le ministre trouve qu’il existe en quelque sorte au Sénégal une certaine « fuite » budgétaire causée par le sous-secteur de l’enseignement supérieur. Les députés ont adopté et voté le projet de budget du Ministère de l’Enseignement supérieur arrêté à 316 milliards 402 millions 585 mille 581 Frs Cfa en autorisations d’engagement (AE) et à 301 milliards 19 millions 649 milles 369 Frs Cfa en crédits de paiement (CP).