Le Front pour la Défense de la République (FDR) a lancé un appel pressant à la mobilisation nationale, dénonçant une gouvernance qu’il juge chaotique et dangereuse pour la stabilité du Sénégal. Dans une déclaration publiée ce jeudi, la Conférence des leaders annonce le déploiement, dès la semaine prochaine, d’un nouveau plan d’actions dans toutes les régions du pays afin de fédérer une mobilisation populaire destinée à « mettre un terme aux choix destructeurs » du régime PASTEF.
Selon le FDR, une mobilisation urgente s’impose pour empêcher que l’actuelle crise au sommet de l’État « ne dégénère et n’entraîne des dommages irréparables ». Le mouvement décrit une situation où « deux camps retranchés », à la Présidence et à la Primature, se livreraient à une confrontation stérile, menaçant la stabilité institutionnelle. Il parle d’une « tragi-comédie » traduisant l’« échec précoce d’un régime populiste dépourvu d’ambition et de perspectives », un duel qui pourrait, selon lui, entraîner le pays sur une pente périlleuse.
Le FDR estime que, pendant que les tensions persistent au sommet, l’économie nationale continue de s’enfoncer. Il accuse l’État d’être incapable de remplir ses obligations les plus fondamentales, citant des bourses universitaires impayées, des factures en souffrance envers les entreprises de BTP, et un retard sévère dans le paiement des dettes de l’État envers les opérateurs privés stockeurs, paralysant la campagne arachidière. Cette situation conduirait les paysans à brader leurs récoltes, au moment où le Sénégal, selon les chiffres avancés, s’éloigne de son objectif de souveraineté alimentaire, avec des importations de céréales atteignant 2,74 millions de tonnes en 2024 et déjà 2,32 millions en septembre 2025, contre environ 2 millions en 2023.
Le FDR fustige également le train de vie jugé ostentatoire de plusieurs dignitaires du pouvoir, évoquant des voyages en jet privé, des véhicules de luxe et même l’aveu récent d’un ministre reconnaissant avoir détourné des fonds destinés à l’aide sociale au profit de son parti, « dans une impunité totale ». Il souligne aussi l’augmentation de l’émigration irrégulière des jeunes, « désillusionnés par le régime PASTEF », qui continuent de risquer leur vie par centaines dans des départs clandestins.
La déclaration revient aussi sur les tensions sociales persistantes dans les universités, où les étudiants sont en grève depuis plusieurs semaines pour exiger le paiement de leurs bourses, faisant face à une répression policière jugée « inacceptable » et aux « rodomontades » du Premier ministre. D’autres secteurs, comme l’éducation, la santé et l’administration, seraient eux aussi au bord de nouveaux mouvements sociaux, des travailleurs réclamant le respect de promesses que le gouvernement serait incapable de tenir.
Le FDR critique enfin la récente annonce de baisse des prix de l’énergie, qu’il juge « superficielle » et sans impact réel sur la vie quotidienne des Sénégalais. Il s’interroge notamment sur la persistance de coûts élevés au Sénégal alors que le baril oscille entre 60 et 65 dollars depuis 2024, et cite l’exemple de la Côte d’Ivoire, où le prix du super est fixé à 820 F depuis novembre 2025, contre 920 F annoncés au Sénégal.
Face à ce tableau qu’il qualifie de « délétère », le FDR estime qu’il est urgent d’agir pour éviter « une catastrophe que tous voient venir ». Le mouvement appelle ainsi à une synergie d’actions entre l’opposition et l’ensemble des forces vives de la Nation pour « en finir au plus tôt avec ce régime malfaisant du PASTEF ».