Les Jeux Africains de la Jeunesse (JAJ) se sont ouverts mercredi dernier en Angola, avec une surprise de taille : le forfait du Sénégal, qui organisera les prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) en 2026. Selon L’Observateur, le ministère des Sports est accusé d’être à l’origine de cette situation après « avoir ignoré les multiples relances du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), entraînant une impossibilité d’envoyer une délégation ». Les JAJ se tiennent du 10 au 20 décembre 2025 à Luanda et Bengo. Des jeunes issus de 54 nations africaines, âgés de 14 à 17 ans, s’affrontent dans 33 disciplines sportives. Ces jeux constituent une étape cruciale pour la préparation et les qualifications en vue de Dakar 2026.
À quelques mois des JOJ Dakar 2026, le Sénégal ne peut plus se permettre l’improvisation. Pour le journaliste sportif Mbaye Jacques Diop, la réussite d’un événement de cette envergure repose d’abord sur une planification rigoureuse et une gouvernance claire. La récente non-participation du Sénégal aux Jeux Africains de la Jeunesse est, selon lui, le symptôme d’un dysfonctionnement profond dans la gestion du sport de haut niveau.
Mbaye Jacques Diop n’a pas ménagé ses mots à l’endroit de la ministre des Sports, Khady Diène Guéye, qu’il invite à prendre de la hauteur. Il rappelle que les fédérations sportives sont élues pour des mandats, tandis que le ministre est nommé par décret, une réalité institutionnelle qui impose, selon lui, davantage de retenue et de sens de l’État. À ses yeux, la sortie publique de la tutelle, dans un contexte déjà tendu, n’a fait qu’exposer les fragilités du dispositif de gouvernance.
Sur le fond, Mbaye Jacques Diop insiste sur un principe non négociable : la gestion du sport de haut niveau repose sur un binôme entre le CNOSS et l’État. Toutefois, précise-t-il, le ministère demeure au sommet de la gouvernance, notamment en matière de planification stratégique, d’arbitrage budgétaire et de décisions relevant de la souveraineté nationale. À ce titre, les compétitions nationales et internationales ne peuvent être traitées comme de simples activités administratives.
Pour le journaliste, il ne fait aucun doute que le ministère des Sports doit assumer pleinement ses responsabilités, notamment en ce qui concerne l’hébergement des délégations, les engagements internationaux, le transport aérien, les primes de participation et les primes journalières. Ce sont des obligations régaliennes qui ne sauraient être renvoyées aux fédérations ou au CNOSS lorsque la situation se complique.
Dans le cas précis de la non-participation du Sénégal aux Jeux Africains de la Jeunesse, Mbaye Jacques Diop estime que le ministère a failli. Attendre le dernier moment pour transmettre les listes des athlètes, dans une compétition internationale programmée de longue date, révèle selon lui un grave problème de planification. Une telle gestion est difficilement acceptable à ce niveau et porte directement préjudice aux athlètes, premières victimes de décisions tardives et mal coordonnées.
Il rappelle que le Sénégal savait, depuis plusieurs années, qu’il serait l’épicentre du sport olympique mondial en 2026. Cette position impose une exemplarité absolue dans la préparation des compétitions intermédiaires, notamment celles qui servent de tremplin et de test pour les JOJ. Or, l’épisode des Jeux Africains de la Jeunesse envoie un signal négatif à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Mbaye Jacques Diop tient également à clarifier un point souvent source de confusion : le CNOSS n’est pas une structure subordonnée au ministère. Créé par la loi et régi par la Charte olympique, il est l’interlocuteur naturel des fédérations auprès de l’État. Toute tentative de le marginaliser ou de le placer sous tutelle administrative affaiblit l’ensemble de l’écosystème sportif national.
Sur le plan organisationnel des JOJ Dakar 2026, le journaliste se montre néanmoins mesuré. Les travaux de réhabilitation des infrastructures existantes avancent, et le choix de moderniser plutôt que de construire à outrance est conforme aux standards olympiques. Mais il avertit : des infrastructures réussies ne compenseront jamais une préparation sportive défaillante.
Au-delà des chantiers visibles, Mbaye Jacques Diop plaide pour une vision globale, intégrant la préparation des athlètes, la stabilité institutionnelle et une communication responsable. Pour lui, Dakar 2026 ne doit pas être seulement une vitrine organisationnelle, mais un tournant pour la gouvernance sportive sénégalaise.
Son message est clair : l’heure n’est plus aux querelles institutionnelles ni aux réactions à chaud, mais à l’anticipation, à la responsabilité et à la cohérence. Car si le monde jugera le Sénégal sur ce qui se passera sur les sites de compétition, l’histoire retiendra aussi ce qui se sera décidé – ou mal décidé – dans les couloirs du pouvoir sportif.
PMF