L’honorable Thérèse Faye, députée à l’Assemblée nationale du Sénégal et Présidente de la Commission des affaires économiques, monétaires et financières du Parlement panafricain, est intervenue lors d’une rencontre de haut niveau entre des délégations africaines et le Parlement européen, à l’initiative de Hilde Vautmans, Présidente de la Délégation Afrique (DAFR). Les échanges ont porté sur la manière dont l’Union européenne peut renforcer ses canaux diplomatiques avec l’Afrique afin de maintenir une influence durable dans un contexte de forte concurrence géopolitique.
Dans son allocution, la parlementaire sénégalaise a salué la tenue de cette plateforme de dialogue interparlementaire, qu’elle considère comme une opportunité majeure de compréhension mutuelle et de renforcement de la coopération entre l’Europe et l’Afrique. Elle a exprimé sa reconnaissance à la Présidente Hilde Vautmans ainsi qu’au Parlement européen pour cette initiative, tout en remerciant la DG PART, notamment sa Directrice générale Mme Sanna Lepola et M. Oumar Doumbouya, Directeur des bureaux de liaison externes, pour le travail accompli dans le cadre du programme EUVP, qui a rendu possibles ces échanges.
Prenant la parole en sa double qualité de députée nationale et de Présidente de la Commission des affaires économiques et financières du Parlement panafricain, Thérèse Faye a rappelé que l’Afrique traverse une phase de transformation profonde. Avec une population majoritairement jeune, représentant plus de 70 % des habitants du continent, des marchés en pleine croissance et d’importantes ressources naturelles – près de 30 % des réserves mondiales de minéraux et métaux, ainsi que des réserves significatives de gaz naturel et de pétrole – l’Afrique s’impose aujourd’hui comme un acteur stratégique à part entière et non comme un partenaire passif.
Selon elle, l’engagement de l’Union européenne avec l’Afrique sera d’autant plus efficace qu’il s’alignera sur les priorités africaines actuelles, notamment l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les réformes visant à renforcer l’architecture financière africaine et la mise en œuvre des recommandations issues du Sommet UE–UA de Luanda de novembre 2025. Elle a cité, à ce titre, la création envisagée d’une agence africaine de notation, sous l’égide du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), une initiative saluée et débattue lors de la dernière session plénière du Parlement panafricain.
L’honorable députée a également insisté sur le fait que l’Afrique ne saurait être réduite aux seuls récits de conflits et d’instabilité. Elle a mis en avant la vitalité démocratique du continent et cité le Sénégal comme exemple, avec ses alternances démocratiques pacifiques et ses réformes structurelles continues. Pour Thérèse Faye, le renforcement des canaux diplomatiques entre l’Union européenne et l’Afrique doit reposer sur l’interdépendance, la prospérité partagée, le respect mutuel et une vision de stabilité à long terme, ce qui implique une collaboration plus étroite avec les institutions africaines, notamment le Parlement panafricain, dans l’élaboration et le suivi des politiques publiques.
Sur le plan de la gouvernance mondiale, elle a réaffirmé les attentes fortes de l’Afrique en faveur d’une représentation plus juste et significative au Conseil de sécurité des Nations Unies, conformément au Consensus d’Ezulwini de 1997 et à la Déclaration de Syrte de 2005. Avec plus de 30 millions de km² et une population dépassant 1,5 milliard d’habitants, l’Afrique mérite, selon elle, le soutien de ses partenaires européens pour l’obtention de sièges permanents et non permanents supplémentaires. Une alliance renforcée entre l’Europe et l’Afrique au sein de l’ONU pourrait ainsi peser davantage sur les grandes décisions de gouvernance mondiale.
Abordant les enjeux économiques, Thérèse Faye a souligné que de nombreux acteurs internationaux renforcent aujourd’hui leur présence en Afrique à travers l’investissement, le financement des infrastructures, les partenariats technologiques et le soutien aux PME. Pour rester un partenaire stratégique crédible, l’Union européenne est appelée à renouveler son engagement en faveur du financement du développement, en mettant l’accent sur la formation ciblée de la jeunesse africaine, le renforcement des systèmes financiers locaux et l’accélération de la digitalisation, en étroite collaboration avec les banques de développement, les institutions de garantie africaines et les commissions parlementaires spécialisées.
En conclusion, la députée sénégalaise s’est félicitée de l’appui de l’Union européenne à l’architecture institutionnelle de l’Union africaine ainsi que de l’accompagnement du Sénégal à travers la stratégie conjointe UE–Sénégal 2021–2027. Elle a notamment salué la réalisation d’infrastructures structurantes comme le Bus Rapid Transit (BRT), la mise en place de centres de formation professionnelle et le soutien aux initiatives entrepreneuriales portées par les jeunes et les femmes. « L’Afrique est prête à jouer son rôle de puissance montante, mais le partenariat avec l’Union européenne doit être une relation de co-construction et d’interdépendance, fondée sur la transparence, le respect et la reconnaissance de nos aspirations », a-t-elle conclu, exprimant l’espoir que cette vision trouve un écho durable au sein du Parlement européen.