À l’occasion de l’atelier de présentation des projets du programme CleanTech Sénégal et de la remise des prix aux lauréats de la cohorte 2024-2025, institutions publiques, partenaires techniques et financiers, ainsi que jeunes entrepreneurs se sont retrouvés ce jeudi, à Dakar. Mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), en partenariat avec le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM), le Programme mondial d’innovation en technologies propres (GCIP) vise à stimuler les écosystèmes d’innovation et d’entrepreneuriat pour accélérer la transition vers des solutions durables. Présent dans dix-sept pays à travers le monde, le programme a trouvé au Sénégal un terreau fertile avec le projet « Promouvoir l’innovation en matière de technologies propres pour l’action climatique au Sénégal », plus connu sous le nom de CleanTech Sénégal.
Exécuté par le Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE), à travers la Direction de la Réglementation environnementale et du Contrôle (DiREC), le projet CleanTech Sénégal a pour objectif de soutenir le secteur privé dans le développement et la mise à l’échelle d’innovations à fort impact environnemental. Il s’agit notamment d’accompagner les startups et PME actives dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la gestion et la valorisation des déchets, le transport durable, l’écoconstruction, la gestion efficiente de l’eau et les alternatives aux produits chimiques.
« Le projet CleanTech a été initié pour promouvoir l’innovation technologique dans le domaine des technologies propres et lutter contre les changements climatiques », a rappelé M. Baba Dramé, Directeur de la Réglementation environnementale et du Contrôle avàt d’ajouter : « Transformer les défis posés par le changement climatique en opportunités économiques viables, créatrices de revenus et d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. »
Chaque année, le programme d’accélération de CleanTech Sénégal accompagne 25 startups à travers un parcours intensif de formation et de coaching d’une durée de quatre à cinq mois. L’accent est mis non seulement sur le renforcement des capacités techniques, mais surtout sur la structuration des modèles économiques et l’accès au marché.
« Beaucoup de porteurs de projets sont des ingénieurs ou des techniciens. Leur défi n’est pas la technologie, mais la transformation de leurs solutions en entreprises viables », a expliqué Dr Loris Codou Faye, coordonnatrice du projet. « Notre valeur ajoutée réside dans l’accompagnement business : comment conquérir un marché, comment adapter un produit à la demande, comment attirer des investisseurs. »
À l’issue du programme, une rencontre de mise en réseau est organisée afin de connecter les startups avec des institutions financières, des incubateurs et des partenaires stratégiques. Cette plateforme constitue un moment clé pour faciliter l’investissement et encourager des partenariats durables.
Pour la cohorte actuelle, un appel à projets national a permis de recueillir 92 candidatures. Après une sélection rigoureuse basée sur des critères environnementaux, économiques et sociaux, 25 startups ont été retenues, dont 17 ont présenté leurs projets lors de l’évaluation finale. Particularité notable : la diversité géographique des porteurs de projets.
« Les startups viennent de Dakar, mais aussi de Ziguinchor, Saint-Louis, Thiès, Bambey ou encore Kaolack. CleanTech Sénégal est un projet ouvert à toutes les régions du pays », a souligné la coordonnatrice.
L’inclusion du genre constitue également un pilier central du programme, avec un objectif de 35 % de participation féminine. Un prix spécial est d’ailleurs décerné à la meilleure startup fondée ou co-dirigée par une femme, afin de renforcer le leadership féminin dans l’entrepreneuriat vert.
Plusieurs startups ont été primées, avec des récompenses financières allant de 6 millions de FCFA pour le premier prix, à 4 et 3 millions de FCFA pour les suivants, sans oublier le prix dédié à l’entrepreneuriat féminin. Toutefois, les responsables du projet insistent : l’essentiel ne réside pas uniquement dans les montants attribués.
« Ce que les entrepreneurs gagnent le plus, c’est l’accompagnement technique et stratégique », a affirmé la coordonnatrice du projet. « La preuve, c’est que des équipes de la cohorte précédente, qu’elles aient été primées ou non, continuent de travailler et de collaborer avec nous. »
Si le ministère n’a pas vocation à financer directement les entreprises, CleanTech Sénégal joue un rôle déterminant dans le réseautage et la mise en relation avec des bailleurs et partenaires. Un mécanisme de financement spécifique aux technologies propres est par ailleurs en cours de mise en place, ouvrant de nouvelles perspectives pour ces jeunes entreprises innovantes.
À travers CleanTech Sénégal, le METE affirme sa volonté de faire de l’innovation verte un moteur de développement durable. Ce programme apparaît comme une réponse stratégique, alliant protection de l’environnement, création de valeur économique et inclusion sociale.
PMF