Le Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes de l’espace CEDEAO (REPSFECO) a procédé, ce vendredi, au lancement officiel du projet d’intégration des femmes dans les Forces de Défense et de Sécurité, dans le cadre du Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL). Une initiative structurante qui vise à renforcer durablement la participation des jeunes filles et des femmes dans les secteurs stratégiques de la défense et de la sécurité au Sénégal.
Mis en œuvre avec l’appui de l’Ambassade du Canada à Dakar et en collaboration avec le Ministère des Forces armées, ce projet entend lever les obstacles socioculturels et institutionnels qui freinent encore l’accès des femmes à ces carrières, à travers des actions de sensibilisation, de plaidoyer et un programme de mentorat porté par des femmes officiers.
Mme Diago Diagne Ndiaye, présidente du REPSFECO, a salué un partenariat « bien plus qu’un financement », le qualifiant de vision partagée et de conviction commune en faveur de l’égalité des chances. Revenant sur la collaboration de longue date entre le REPSFECO et le Canada du projet Voix et Leadership des Femmes aux précédents cycles du FCIL elle a exprimé le souhait de voir ce compagnonnage se renforcer et s’élargir à de nouveaux cadres d’action.
« Les femmes restent sous-représentées dans les secteurs de la défense et de la sécurité, non par manque de compétences ou de vocation, mais à cause de stéréotypes tenaces, d’un déficit d’information et d’un accès limité aux modèles inspirants », a-t-elle souligné.
Face à ce constat, le projet se fixe un double objectif clair : sensibiliser les jeunes filles et la société aux opportunités offertes par les carrières militaires et sécuritaires ; accompagner 45 jeunes filles leaders à travers un programme de mentorat structuré, animé par des femmes officiers incarnant le leadership et l’excellence.
Au-delà de la cérémonie, le lancement marque le début d’un processus de transformation concret, avec le démarrage immédiat des premiers ateliers de mentorat. Témoignages inspirants, échanges intergénérationnels et mise en place de clubs Miss Paix et Sécurité doivent permettre aux participantes de renforcer leurs connaissances, déconstruire les idées reçues et bâtir leur projet professionnel avec confiance.
S’adressant directement aux jeunes filles présentes, Mme Diago Diagne Ndiaye a dira : « Vous êtes l’avenir de ce pays. Vous avez en vous le potentiel pour servir, protéger et inspirer. »
À son tour, Son Excellence Marcel Lebleu, Ambassadeur du Canada au Sénégal, a rappelé que l’autonomisation des femmes constitue un levier essentiel de paix, de prospérité et de développement durable.
« Donner aux femmes les moyens d’agir n’est pas seulement une question d’équité, c’est un moteur reconnu de stabilité et de croissance inclusive », a-t-il affirmé, soulignant l’importance d’élargir l’accès des femmes à des secteurs traditionnellement masculins, notamment celui de la sécurité.
Le diplomate a insisté sur la cohérence de ce projet avec la Stratégie du Canada pour l’Afrique et l’agenda Femmes, Paix et Sécurité, qui reconnaissent que des institutions sécuritaires plus inclusives sont aussi plus efficaces et plus proches des citoyens.
Il a également rendu hommage aux femmes officiers et leaders présentes, saluant leur courage et leur rôle de modèles inspirants pour les jeunes générations.
En réunissant acteurs institutionnels, partenaires internationaux, société civile et jeunesse, le projet FCIL porté par le REPSFECO ambitionne de contribuer à une réforme des mentalités et à une meilleure représentativité des femmes dans les Forces de Défense et de Sécurité.
Un engagement collectif qui s’inscrit dans une dynamique régionale et internationale, avec une conviction partagée : une sécurité durable ne peut se construire sans les femmes.