L’avocat Me Saïd Larifou, conseil de Fernando Dias da Costa, président élu de Guinée-Bissau, a publié une déclaration ferme pour dénoncer l’interruption brutale et illégale du processus électoral dans son pays, consécutive à un coup d’État militaire.
Dans cette déclaration, Me Larifou critique sévèrement la position de la CEDEAO, qu’il accuse de complaisance face à ce putsch. Selon lui, le silence ou l’inaction des instances régionales équivaut à entériner les effets d’un changement anticonstitutionnel, en violation du Protocole additionnel A/SP1/12/01 sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, qui interdit tout accès ou maintien au pouvoir obtenu par la force. « L’avenir de la Guinée-Bissau ne peut être dicté par la force des baïonnettes », souligne Me Larifou, rappelant que son client, fort de la légitimité des urnes, exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et le respect du choix souverain du peuple bissau-guinéen.
L’avocat attire l’attention sur le non-respect des normes de la CEDEAO, qui impose une tolérance zéro à l’égard des pouvoirs issus de la force militaire. Selon lui, l’abstention de sanctionner les auteurs du coup d’État créerait une jurisprudence dangereuse pour toute l’Afrique de l’Ouest, fragilisant la stabilité régionale et menaçant la continuité démocratique.
Me Larifou rappelle également les instruments de l’Union africaine, notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG) et la Déclaration de Lomé (2000), qui prévoient des sanctions automatiques en cas de coup d’État. Le non-respect de ces engagements constituerait, selon lui, une violation grave des obligations internationales de la CEDEAO et de l’UA.
Pour Me Larifou, la souveraineté réside dans le peuple, et la volonté exprimée par les citoyens bissau-guinéens doit être respectée. Toute décision prise par les putschistes est, selon lui, entachée de nullité absolue au regard du droit constitutionnel international, et Fernando Dias da Costa demeure le seul dépositaire légitime de l’autorité nationale.
Il conclut en dénonçant la posture de realpolitik adoptée par la CEDEAO, qu’il qualifie de faute juridique grave, bafouant le principe de pacta sunt servanda, selon lequel tous les États membres doivent respecter les conventions internationales qu’ils ont signées. Fernando Dias da Costa et son équipe appellent ainsi la communauté internationale à agir rapidement pour rétablir la légalité constitutionnelle en Guinée-Bissau et assurer le respect du choix du peuple.