L’École Polytechnique de Thiès se positionne plus que jamais comme un acteur stratégique dans la mise en œuvre des ambitions nationales. Sa transformation et sa montée en puissance témoignent de sa volonté de contribuer de manière concrète et durable au développement du Sénégal. Pour le directeur de l’Ept, Pr Mamadou Wade, l’objectif est clair : former des ingénieurs techniquement compétents et éthiquement responsables, capables d’apporter des solutions innovantes, durables et bénéfiques pour la société et l’environnement. D’où l’option dès la première année, d’augmenter le nombre élèves dans un premier temps à 150 puis à 200.
Créée en 1973 par le président Léopold Sédar Senghor avec l’appui de l’École polytechnique de Montréal, l’École Polytechnique de Thiès (EPT) poursuit son développement et entend jouer un rôle central dans la nouvelle politique publique portée par les autorités. L’établissement ambitionne en effet de devenir « le bras technique de l’État dans l’agenda de transformation nationale », souligne son directeur, le Pr Mamadou Wade. Aujourd’hui, l’EPT accueille un peu plus de 500 étudiants sur son campus et produit annuellement plus de 150 diplômés ingénieurs et masters, soit autant de cadres opérationnels pour le marché du travail. S’appuyant sur les réformes engagées et sur son Plan stratégique 2024-2028, l’école entame une nouvelle phase de montée en puissance.
1. Augmentation des effectifs et défis d’infrastructures
L’EPT a commencé à augmenter significativement le nombre d’élèves-ingénieurs dès la rentrée 2025-2026. L’objectif immédiat est de porter les effectifs à 150 étudiants recrutés en première année, dans un premier temps.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, à travers la DMCEES ( ???), construit actuellement de nouveaux pavillons d’hébergement au sein du campus social. « Dès l’année prochaine, nous souhaitons accueillir 200 nouveaux bacheliers, afin d’atteindre
progressivement 1 000 étudiants sur le campus. Cette montée en puissance est alignée sur l’agenda national de transformation », explique le directeur.
Le Pr Wade indique attendre du MESRI un accompagnement pour la livraison dans les meilleurs délais des chantiers, en cours, pour accueillir un plus grand nombre de bacheliers, car « il existe un réel vivier de candidats susceptibles d’intégrer nos filières dès la prochaine rentrée. »
2. Diversification des offres de formation (Masters professionnels, filières courtes, ingénierie spécialisée)Initialement, l’EPT avait pour mission de former des ingénieurs d’exécution et de conception, tout en développant la recherche. « Nous sommes partis de deux départements (Génie mécanique et Génie civil). Mais avec l’émergence de nouveaux métiers, nous avons créé le département Informatique, avec un modèle innovant basésur l’alternance », détaille le Pr Wade.
En partenariat avec l’École de l’Armée de l’Air, l’EPT a aussi lancé une formation en aéronautique, récemment transformée une filière aérospatiale, en cohérence avec les nouvelles orientations du Sénégal en matière de technologies spatiales. Dans la même foulée, un département de Génie industriel a également été créé pour répondre aux besoins croissants des entreprises.
Formations avancées
Depuis la rentrée 2025-2026, l’EPT implémente de nouvelles formations :
– Masters et Mastères spécialisés
– Licences professionnelles
– Certifications
dans les domaines suivants :
– Énergies renouvelables
– Management de projet et construction intelligente
– Transport et mobilité numérique
– Intelligence artificielle
L’EPT développe aussi des pôles d’excellence en ingénierie dédiés à :
– l’intelligence artificielle
– la défense
– la cybersécurité
– la robotique
– le pétrole et gaz
– les géosciences
Ces initiatives répondent directement aux 15 projets de transformation et aux 60 projets prioritaires du programme Sénégal Vision 2050.
3. Développement du doctorat
Deux domaines phares structurent aujourd’hui les programmes doctoraux :
– Ingénierie du Développement Durable
– Ingénierie mathématique et systèmes intelligents (IMSI)
Un besoin urgent de ressources humaines et financièresPour accompagner cette dynamique, l’EPT sollicite un renforcement du soutien public, notamment en matière de recrutement du corps professoral.
« Cette année, 500 postes ont été octroyés au niveau national, et l’EPT en a bénéficié.
Nous espérons que, dans les prochaines cohortes, les écoles d’ingénieurs seront davantage dotées en enseignants-chercheurs », souligne le directeur.
Sur le plan financier, l’EPT fait face à des contraintes persistantes :
« Le premier obstacle est l’insuffisance du budget. Nous développons cependant des mécanismes pour générer des ressources additionnelles, notamment à travers des formations certifiantes, des renforcements de capacités pour les administrations publiques et les entreprises privées, des missions d’expertise, ainsi qu’une meilleure valorisation des infrastructures et équipements de l’école. »