Un atelier de restitution et de co-construction des résultats d’une étude sur les dynamiques migratoires et les alternatives à la migration irrégulière s’est tenu, samedi dernier, à Saré Thialy, dans le département de Vélingara. La rencontre a été organisée par Enda Tiers Monde, à travers son entité Prospective Dialogues Politiques (Diapol), dans le cadre du programme Pathways to Protection (P2P).Mis en œuvre en partenariat avec le Conseil départemental de Vélingara et le Conseil danois pour les réfugiés, le programme P2P vise à renforcer les systèmes de protection des personnes en mobilité et à promouvoir des alternatives durables à la migration irrégulière dans dix pays, dont le Sénégal. Au niveau national, deux départements ont été ciblés : Vélingara et Darou Mousty.
Présidé par l’adjointe au préfet de Vélingara, l’atelier a réuni des leaders communautaires et religieux, des membres de la société civile, les bajjanu gox ainsi que des représentants des services techniques déconcentrés.Selon Hilda Laynia Mvou Ontsia, représentante d’Enda Diapol, cette rencontre de deux jours visait à favoriser une appropriation locale des résultats de l’étude menée par le Dr Sylla. « Le premier jour a été consacré à la présentation et à la validation des résultats de l’étude par l’ensemble des acteurs locaux. Le second jour a permis d’identifier les besoins spécifiques du terroir et de co-construire, de manière participative, des solutions adaptées », a-t-elle expliqué.Elle a souligné que les solutions élaborées serviront de lignes directrices pour Enda et ses partenaires. « Nous sommes convaincus que les réponses aux dynamiques migratoires passent par une forte appropriation locale et une collaboration étroite entre institutions, société civile et communautés. Il ne s’agit ni d’encourager ni de décourager la migration, mais d’orienter, d’informer et d’éclairer les personnes qui aspirent à migrer », a-t-elle insisté.Parmi les thématiques abordées, la dimension psychosociale de la migration a occupé une place centrale. Le psychologue Dr Moussa Ka a mis en lumière un aspect longtemps négligé dans les politiques d’accompagnement des migrants. « La problématique migratoire est devenue préoccupante, mais le soutien psychosocial a souvent été relégué au second plan », a-t-il déploré. Selon lui, les travaux de l’atelier ont permis de dégager un consensus sur l’importance de cet accompagnement, notamment pour les migrants de retour souffrant de traumatismes liés à leur parcours. « Avant tout appui financier ou économique, ces personnes ont besoin d’un soutien psychologique pour se stabiliser. Sans cela, elles peinent à mener à bien leurs projets », a-t-il expliqué.Le spécialiste a également évoqué les difficultés de réintégration sociale au sein des familles et des communautés, plaidant pour des approches de thérapie familiale. « Souvent, les causes du départ se trouvent au niveau familial. Si ces problèmes ne sont pas résolus, les difficultés persistent au retour », a-t-il ajouté, évoquant aussi le besoin de soutien pour les familles endeuillées ou sans nouvelles de proches partis en migration.Enfin, Dr Moussa Ka a insisté sur la nécessité d’informer et de coacher les migrants potentiels afin de leur montrer qu’« il est possible de rester et de réussir dans son terroir ».À travers cet atelier, Enda Diapol et ses partenaires réaffirment leur engagement à accompagner les communautés locales dans la recherche de solutions durables face aux défis complexes de la migration.
Babacar Diouf