MADAGASCAR : Saïd Larifou appelle à l’unité et à la dignité

Avocat international et figure engagée du néo-panafricanisme, Saïd Larifou s’impose de plus en plus comme l’une des voix intellectuelles et politiques les plus audibles de l’espace africain et insulaire. Natif de Madagascar et acteur majeur de la vie politique comorienne, l’ancien double finaliste de l’élection présidentielle en Union des Comores développe une lecture stratégique et résolument souverainiste des dynamiques africaines contemporaines.

Dans ses récentes prises de position consacrées à Madagascar, Saïd Larifou salue l’expression démocratique d’octobre 2025, qu’il qualifie de « moment de maturité politique ». Selon lui, la mobilisation de la jeunesse malgache n’était ni une contestation stérile ni une rupture brutale, mais l’affirmation claire d’un principe universel : la souveraineté appartient au peuple. Une démonstration, estime-t-il, que l’Afrique est capable de produire ses propres modèles de régulation politique sans sombrer dans la violence ou l’instabilité chronique.

Pour l’avocat international, Madagascar ne peut plus être considérée comme une périphérie géopolitique. Située au cœur de l’océan Indien, entourée des Comores, de Maurice et des Seychelles, la Grande Île représente, selon lui, un pont stratégique entre l’Afrique et l’espace indopacifique. Sa démographie dynamique, ses ressources humaines et son histoire de métissages en font un levier majeur dans la construction d’un nouvel ordre régional et continental.

Saïd Larifou insiste également sur ce qu’il qualifie de « modèle malgache », fondé sur l’intelligence collective et la responsabilité institutionnelle. Il met en avant le rôle des forces vives, institutions militaires, parlementaires, constitutionnelles et religieuses, qui ont su privilégier le droit, le dialogue et la cohérence avec les aspirations populaires. Une démarche qu’il présente comme un exemple pour de nombreux pays africains confrontés à des crises de légitimité.

Sur le plan politique, l’homme se montre attentif à la phase de Réfondation engagée à Madagascar. Il estime que les autorités actuelles portent une responsabilité historique, non seulement vis-à-vis du peuple malgache, mais aussi à l’égard d’une Afrique en quête de repères et de réussites endogènes. Pour lui, la crédibilité de cette refondation reposera sur la capacité à traduire l’espoir populaire en politiques publiques inclusives et durables.

La diaspora occupe une place centrale dans la vision de Saïd Larifou. Il considère les Malgaches de l’extérieur comme des acteurs stratégiques, détenteurs d’une expertise et d’un capital humain indispensables à la transformation du pays. Mais son appel dépasse Madagascar : il s’adresse à l’ensemble des forces vives africaines, de l’océan Indien au continent, afin de bâtir un front de solidarité active et pragmatique.

En filigrane de son discours, se dessine une conviction forte : soutenir Madagascar aujourd’hui, c’est protéger une dynamique qui peut irriguer toute l’Afrique. Pour Saïd Larifou, la Grande Île n’est plus isolée ; elle est appelée à devenir l’un des cœurs battants d’une renaissance africaine fondée sur la dignité, la souveraineté et la coopération entre les peuples.

Figure engagée du panafricanisme contemporain, Saïd Larifou poursuit ainsi un combat intellectuel et politique qui dépasse les frontières nationales. Un combat qu’il inscrit dans une vision claire : celle d’une Afrique maîtresse de son destin, solidaire dans ses espaces régionaux et confiante dans la capacité de ses peuples à écrire leur propre histoire.