En marge de la procédure de révision de l’affaire opposant l’ancien ministre Mame Mbaye Niang au président du parti Pastef, Ousmane Sonko, des organisations de défense des droits des femmes et de lutte contre les violences sexuelles réclament la réouverture du dossier dit « Sweet Beauté », impliquant Adji Sarr. Une initiative qualifiée de « demande sociale » mais aussi « d’exigence mondiale » par ces associations, qui estiment que toute la lumière n’a pas encore été faite sur ce dossier sensible.
Membre de l’Alliance Pour la République (APR), Me Djibril War s’est exprimé sur cette revendication, soulignant la portée nationale et internationale de la démarche. « La réouverture du dossier Sweet Beauté ne relève ni de l’acharnement politique ni de la polémique gratuite. C’est une exigence sociale et une revendication portée aujourd’hui par des organisations internationales de défense des femmes, engagées contre les violences sexuelles », a-t-il déclaré.
Selon ces organisations, un projet de pétitions internationales est en cours. Il vise notamment à demander à Ousmane Sonko de produire l’ensemble des documents médicaux évoqués durant la procédure initiale, notamment les analyses, certificats médicaux, dossiers hospitaliers, attestations de médecins généralistes et spécialistes, ainsi que des preuves issues des centres médicaux scolaires, universitaires et sociaux. Les associations demandent également des éléments attestant des traitements évoqués, y compris ceux présentés comme traditionnels, afin, disent-elles, de permettre un débat judiciaire fondé sur des preuves vérifiables.
Les signataires de la pétition souhaitent également que l’intéressé réponde publiquement à plusieurs interrogations soulevées par ces organisations, notamment sur la compatibilité entre la pathologie évoquée et certaines activités physiques et déplacements personnels mentionnés dans le débat public.
Pour Me Djibril War, le contexte actuel de révision de certains dossiers judiciaires rend cette démarche légitime. « Nous sommes dans une phase où la justice sénégalaise revisite des affaires majeures. Il est normal que le dossier Sweet Beauté, qui a profondément marqué l’opinion publique nationale et internationale, soit remis au goût du jour afin que la vérité judiciaire soit pleinement établie », a-t-il soutenu.
Les associations annoncent par ailleurs leur intention de saisir ou d’impliquer plusieurs instances, dont des organisations internationales de défense des droits des femmes, ainsi que des juridictions et mécanismes internationaux. Elles appellent les avocats précédemment constitués dans cette affaire à s’inscrire dans cette dynamique, avec l’ambition, selon elles, d’ouvrir l’année judiciaire 2026 par l’examen approfondi de ce dossier.
Pour Me Djibril War, seule une clarification complète permettra d’apaiser durablement les tensions. « Dans une démocratie, les grandes affaires doivent être traitées avec rigueur, transparence et responsabilité. La justice doit aller jusqu’au bout, pour les victimes présumées comme pour les personnes mises en cause », a-t-il conclu.