CHEIKH SOW, LE REPUBLICAIN : « L’hypocrisie au sommet de l’État et la trahison du peuple sénégalais »

Le régime actuellement au pouvoir vient de poser l’un des actes les plus choquants, les plus provocateurs et les plus méprisants à l’égard du peuple sénégalais : le déblocage de milliards de francs CFA pour l’achat de véhicules destinés aux députés, dans un pays asphyxié économiquement, paralysé socialement et plongé dans l’incertitude.

Cet acte n’est pas une simple erreur de gestion. Il s’agit d’un choix politique grave, révélateur d’un régime plus préoccupé par le confort de ses dirigeants que par la souffrance quotidienne des Sénégalais.

Sous la présidence de Macky Sall, une ligne claire avait été tracée : pas d’achat de véhicules pour les ministres, les directeurs généraux et les députés. Cette décision courageuse visait à préserver les ressources publiques, éviter la sortie inutile de devises à l’étranger et promouvoir des solutions économiques responsables comme la location de véhicules. Les députés se déplaçaient avec leurs propres moyens, par respect pour l’argent du contribuable.

Aujourd’hui, cette rigueur a été balayée d’un revers de main.

Le plus révoltant dans cette affaire est le reniement honteux des dirigeants actuels. Le Premier ministre Ousmane Sonko et le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye étaient hier les premiers à dénoncer avec virulence l’achat de véhicules pour les députés. Ils parlaient de gaspillage, de scandale, d’insulte au peuple. Aujourd’hui, ils font pire, sans gêne, sans explication crédible, sans aucun respect pour la parole donnée.

C’est cela, la vérité : ils ont menti au peuple pour accéder au pouvoir.

Pendant que les projets sont bloqués, que les jeunes sont sans emploi, que les entreprises souffrent, que les hôpitaux et les écoles manquent de moyens, le régime trouve des milliards pour offrir des véhicules flambant neufs à des députés déjà grassement payés. Voilà la priorité réelle de ce pouvoir.

Cette décision prouve une chose : ce régime n’est pas un régime de rupture, mais un régime de jouissance du pouvoir. Il démontre que ceux qui criaient hier contre le système sont devenus aujourd’hui les meilleurs élèves du gaspillage d’État.

Avec le recul, de plus en plus de Sénégalais comprennent que Macky Sall incarnait une vision d’État, fondée sur la responsabilité, la discipline budgétaire et la continuité des politiques publiques. Il gouvernait avec le sens de l’intérêt général, et non avec la logique de règlement de comptes ou de privilèges personnels.

La situation actuelle du pays est alarmante. Rien ne marche. Les secteurs clés sont à l’arrêt. Le manque de moyens financiers est devenu l’excuse officielle de l’inaction gouvernementale. Et malgré cela, le pouvoir ose sortir des milliards pour des véhicules de luxe.

C’est une provocation.
C’est une trahison.
C’est un mépris du peuple sénégalais.

Oui, beaucoup regrettent aujourd’hui le départ de Macky Sall. Et oui, beaucoup prient pour que le Sénégal retrouve un jour une gouvernance responsable, courageuse et véritablement au service du peuple.

Le Sénégal ne mérite pas des dirigeants incohérents.
Le Sénégal mérite une vision.
Le Sénégal mérite la vérité.