À l’occasion de cette nouvelle année, Mamoudou Seydou Sall, président du mouvement Podor Nouvelle Vision, revient sur les ambitions de son mouvement, le développement du département de Podor et son engagement pour des actions concrètes au service des populations. Dans cet entretien, il fait le bilan, évoque les perspectives locales et nationales, et partage sa vision pour un Podor dynamique et inclusif.
PRÉSENTEZ-VOUS ?
Je m’appelle Mamoudou Seydou Sall. Je suis originaire du département de Podor, précisément du village de Donaye, où j’ai grandi dans un environnement marqué par la solidarité, le respect des valeurs et l’engagement communautaire. Cette enfance a profondément forgé ma vision et mon attachement à Podor.
Très jeune, j’ai été influencé par mon grand frère, enseignant, que j’accompagnais souvent lors de ses déplacements. Cela m’a permis de découvrir d’autres réalités du pays et d’élargir mes horizons. Après l’obtention du Baccalauréat au Lycée El Hadj Baba Ndiongue de Podor, j’ai poursuivi mes études à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, avant de réussir le concours d’entrée à l’École Nationale d’Administration (E.N.A).
Ma carrière professionnelle m’a conduit successivement à Thiès, puis à Dakar, où j’ai travaillé dans plusieurs services de l’administration. Ces expériences m’ont permis de renforcer mes compétences, de mieux comprendre les attentes des citoyens et d’ancrer mon sens du service public.
Aujourd’hui, je suis pleinement engagé dans le développement de mon territoire à travers le Mouvement Podor Nouvelle Vision, avec des priorités claires : l’éducation, l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes, la santé et le développement économique local.
POURQUOI PODOR NOUVELLE VISION ?
Podor Nouvelle Vision est né d’un constat et d’une conviction. Le constat : Podor dispose de ressources humaines de qualité, de cadres compétents et d’importantes potentialités. Pourtant, depuis des décennies, les politiques publiques n’ont pas permis une amélioration durable des conditions de vie.
La conviction : le développement ne se décrète pas, il se construit à partir d’actions concrètes et d’une proximité réelle avec la population.
Avant mon engagement politique, j’étais déjà actif dans le social à Donaye-Tarédji et dans les localités environnantes : dons de matériel sportif, journées d’excellence, appui sanitaire, soutien aux mosquées… Ces actions ont produit des résultats tangibles et suscité l’adhésion des jeunes et de la communauté.
À leur demande, j’ai accepté d’aller plus loin. Au départ réticent, j’ai compris que la politique pouvait être un levier pour amplifier ces actions. Refusant de me limiter à une seule localité, nous avons fait évoluer le mouvement de M2S vers Podor Nouvelle Vision, un mouvement à dimension départementale.
Nouvelle Vision, parce que nous prônons une autre manière de faire de la politique : inclusive, orientée vers les résultats et tournée vers l’avenir. PNV, c’est un mouvement d’actions, pas de promesses. Nos réalisations parlent d’elles-mêmes : remise de motos Jakarta à des jeunes, soutien aux groupements féminins avec des réfrigérateurs et des moulins, organisation de journées d’excellence pour promouvoir l’éducation dans la commune de Guédé-Village. Podor Nouvelle Vision est un mouvement proche des populations, engagé et résolument tourné vers l’action.
MALGRÉ LES OPPORTUNITÉS, POURQUOI LE DÉPARTEMENT NE DÉCOLLE PAS ?
Le département de Podor bénéficie d’énormes opportunités, notamment dans le secteur primaire : agriculture, élevage et pêche. Il dispose de milliers d’hectares cultivables et l’accès au fleuve Sénégal. Pourtant, ces potentialités restent largement sous-exploitées.
Malgré la présence de plusieurs responsables originaires du département à des postes nationaux, Podor n’a pas encore tiré pleinement parti de ses atouts. Podor Nouvelle Vision veut changer cette réalité en impulsant une politique axée sur : la formation, l’entrepreneuriat des jeunes, l’autonomisation des femmes et le développement durable.
Nous sommes convaincus qu’avec une meilleure organisation des acteurs et une réforme foncière adaptée, notamment de la loi 64-46 du 17 juin 1964, Podor peut jouer un rôle central dans la souveraineté alimentaire du Sénégal. Au vu de son étendue, de sa population et de son éloignement de Saint-Louis, la création de la région de Podor est également une nécessité à poser dans le débat national.
POLITIQUEMENT, ON VA VERS DES COALITIONS. QUELLE EST VOTRE POSITION ?
Podor Nouvelle Vision est un mouvement jeune, créé en 2022, avec une ambition claire : servir les populations et apporter des réponses concrètes aux problèmes locaux.
Nous considérons que les alliances politiques ne sont ni automatiques ni définitives. Elles doivent avant tout reposer sur des valeurs partagées, un projet clair et l’intérêt des citoyens de Podor. Dans le passé récent, des convergences ont existé avec certaines forces politiques, notamment lors des dernières élections locales, et elles ont permis d’obtenir des résultats significatifs. Cela montre que le dialogue et la collaboration peuvent être utiles quand ils servent une cause juste.
Cependant, Podor Nouvelle Vision reste autonome, libre de ses choix. À l’approche des élections, nous privilégions l’écoute de la population, l’analyse du contexte local et l’évaluation des rapports de force. Le moment venu, nous prendrons des décisions responsables et transparentes, dans l’unique intérêt de Podor et de ses habitants.
L’ACTUALITÉ NATIONALE ?
Le Sénégal traverse une période charnière, avec des opportunités économiques mais aussi de fortes attentes sociales. Si le pays enregistre une dynamique de croissance, portée notamment par les hydrocarbures, beaucoup de Sénégalais, notamment les jeunes, ne ressentent pas encore ses effets dans leur quotidien. Le chômage, le coût de la vie et la perte de confiance restent des préoccupations majeures.
Cependant, la récente baisse annoncée du prix du carburant et du gaz constitue un signal d’espoir. Elle montre qu’il est possible d’agir sur le pouvoir d’achat et d’alléger les charges qui pèsent sur les ménages et les acteurs économiques. Le véritable enjeu reste de transformer cette dynamique en progrès social réel, à travers l’emploi, l’équité et une gestion transparente. C’est à cette condition que la stabilité et la confiance pourront se renforcer.
AU PLAN LOCAL, QUELLE MAIRIE VOUS INTÉRESSE ?
L’objectif de tout mouvement politique est de gagner la confiance des citoyens. Podor Nouvelle Vision sera présent aux prochaines élections locales, Incha’Allah. La mairie n’est pas la seule instance pour agir. Le conseil départemental et d’autres structures locales offrent également des espaces d’action importants.
À un an des élections, nous prenons le temps d’analyser le terrain, d’évaluer les besoins et de définir la stratégie la plus efficace pour assurer une représentation utile et crédible de Podor.
PERSPECTIVES ?
Nous allons renforcer notre présence sur le terrain, structurer le mouvement et former nos membres. Nous préparons également un programme local réaliste, basé sur des projets solides dans les domaines de l’agriculture, de l’emploi des jeunes, de l’éducation, de la santé – doter le département d’un hôpital de niveau 3 – et du sport, en mettant en place une équipe locale qui participera au championnat professionnel sénégalais.
Podor Nouvelle Vision s’inscrit dans la durée et compte bien s’imposer. « Retrouvons la fierté d’être Podorois et construisons ensemble un avenir meilleur. » Vraiment, j’en profite pour souhaiter une bonne et heureuse année à tout un chacun.
Propos recueillis par A. BA