Le rapport des délégataires du Ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique, consécutif à leur séjour à Fatick et dans les communes de Fimela et de Palmarin, « dans le cadre du projet d’exploitation de salins » par la Société SEN AGROSEL, est enfin tombé. Les commentaires vont bon train ! Les points de vue se croisent, s’entrechoquent, se chevauchent, convergent, divergent, etc. C’est un document de huit (08) pages qui a permis, aux dires du Secrétaire général de cette structure de l’Etat sénégalais, de « recueillir les avis et préoccupations des autorités administratives et territoriales, des communautés riveraines et autres acteurs territoriaux (…) d’identifier les principaux enjeux environnementaux et sociaux liés à la mise en œuvre du projet » dans lesdites communes. Considérant ces propos liminaires, connaissant la complexité du problème abordé, qui requiert une certaine expertise pour son exercice, il est donc admis de penser qu’on a eu affaire à des experts, sinon hautement chevronnés, du moins aguerris aux méthodes afférentes aux questions environnementales et écologiques, aux projets.
Le document des experts environnementalistes et écologistes est donc arrivé à bon port. Nous l’avons lu et relu. Si nous avions à le commenter, s’il nous était permis de l’apprécier, nous dirions d’abord qu’il ne manque pas d’intérêt, dans la mesure où il constitue la première ébauche technique et officielle, portée par des spécialistes d’un démembrement du service administratif, depuis la médiatisation de ce projet qui n’a toujours pas fini de faire couler sa dernière goutte d’encre. Il n’est d’autant plus pas à négliger que, de mémoire de Palmarinois…, jamais un projet n’aura été aussi impopulaire, malvenu et mal-vu que celui de SEN AGROSEL qui, au demeurant, n’est pas loin d’être, selon ses promoteurs, la 8ème Merveille du monde moderne. Nous aurions également ajouté que le bien-fondé et la pertinence de cette production résident dans le fait qu’elle soulève des problématiques qui, depuis la genèse du projet, constituent le noeud gordien des maux dont il est accablé et qui expliquent son rejet massif par les populations des communes précitées : « le projet [est] en contradiction avec les projets de conservation de la biodiversité et de préservation des écosystèmes dans un contexte de vulnérabilité climatique et écologique », « les risques d’impact irréversibles sur les écosystèmes littoraux et la biodiversité sont élevés », « l’impossibilité de la cohabitation entre les populations et le projet », « l’érosion côtière va continuer à s’accentuer », « les risques de délocalisation des villages ». Nous venons de citer le rapport.
Cela étant, puisque ce référentiel doit aider d’éventuels décideurs à donner leur verdict, celui-là même qui procède d’une maîtrise parfaite du dossier, nous aurions dit ensuite qu’il eut mérité d’être plus étayé, moins subjectif et moins tendancieux par endroits, afin de montrer, avant tout, la réalité objective du terrain et de répondre subséquemment aux engagements de ses réalisateurs. « Le document, lit-on, présente de manière détaillée le contexte et les objectifs de la mission, la synthèse des préoccupations exprimées ». Lesquelles préoccupations ? Nous y reviendrons.
Telle qu’elle s’est auto-définie, il est clair que la mission des émissaires du Ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique est assimilable à celle d’un médiateur dans un conflit dont le rôle est de recueillir les avis des belligérants,de s’employer à les concilier dans la mesure du possible, en observant les distances nécessaires entre les parties, afin de prendre, en toute objectivité et honnêteté, les décisions idoines qui sont de son ressort ou à éclairer au mieux la lanterne de ceux à qui il revient de les prendre. Au cas contraire, les parties en tirent toutes les conséquences. L’un des objectifs assigné à « la mission de concertation » le dit si bien : « assurer la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux dans le processus de planification et de mise en œuvre du projet ».
C’est précisément dans ce sillage que nous tenions à apporter des éclairages sur des zones d’ombre qui planent au-dessus du rapport ainsi que des nuances à des propos surprenants, voire ahurissants. Nous souhaitions le faire avant toute poursuite d’un processus décisionnel congénitalement vicié, avant l’utopique « réalisation de l’étude d’impact environnemental et social du projet » qui ne mérite pas de voir le jour. En effet, l’absence d’éléments contradictoires probants pourrait être autant préjudiciable aux populations qu’à l’opinion publique. De plus, nous voulons éviter aux missionnés d’entrer en co-belligérance dans ce conflit, par le biais d’un rapport qui aurait dû être plus circonstancié, plus fidèle, plus professionnel…
Ainsi, nous aimerions avoir des réponses sur l’omission de faits et de séquences qui sont loin d’être anodins. Pourquoi l’absence du maire de Palmarin n’a-t-elle pas été mentionnée dans le rapport alors qu’il y est dit au sujet de son homologue de Fimela que « la mission a rencontré Monsieur Karim SENE, Maire de la Commune de Fimela qui a magnifié la démarche adoptée » ? Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, rien de surprenant à ses propos. Le même rapport poursuit : « Le mardi 09 décembre 2025, la mission s’est rendue à la Mairie de Palmarin (…). Cette rencontre s’est déroulée en présence de Monsieur Momar FAYE, 2ème Adjoint au Maire et Madame Agathe NDIAYE, 3ème Adjointe au Maire de la Commune de Palmarin. » Où donc est passé Mame Singui SARR ?
Par ailleurs, comment se fait-il que l’atmosphère qui a prévalu tout au long du séjour des hôtes, à Palmarin, ait été occultée ? Pourquoi avoir négligé le fait que la rencontre a failli avorter parce que les populations ont exprimé leur lassitude d’écouter sans cesse des sornettes, d’entendre des balivernes, d’être gavées d’illusions noires ? Peut-on oublier que les missionnaires ont manqué de se faire éconduire manu militari, à leur arrivée ? Pourquoi avoir passé sous silence le fait que ces mêmes populations, au sujet desquelles il a été dit et répété à l’envi que « rien ne peut se faire contre leur avis », n’ont pas été explicitement conviées à la rencontre et ont dû s’y inviter de force, en dépit des tentatives de sbires de la Mairie qui ont essayé de filtrer les entrées ? La lettre adressée au Maire de Palmarin, « Monsieur Mame Singui SARR, S/C de Madame le Gouverneur de la région de Fatick », en date du 25 novembre 2025, et dont l’objet est « Mission de concertation », ne dit pas le contraire : « (…) A cet effet, je vous invite à bien vouloir accueillir la mission et faciliter les rencontres nécessaires, notamment avec les conseillers municipaux, les chefs de villages et les leaders communautaires » (…). Comment se fait-il que le rapport ne signale pas que le 2ème Adjoint au Maire, craignant sans doute que le scénario du 19 août 2023 se répète, a négocié avec les « intrus », les « indésirables » qui avaient envahi la salle de délibération de la Mairie, et qui ont finalement accepté la tenue de la rencontre et dicté son timing ?
Ces faits et tant d’autres encore, sont loin d’être anecdotiques. Ils sont l’expression d’un malaise très profond que ce projet a fait naître dans les communautés. Ils traduisent la félonie dont des personnes mandatées, en l’occurrence des élus municipaux, se sont rendues coupables. Ils disent la déception, l’amertume, le ras-le-bol, le dégoût d’une population abusée et désabusée, livrée à elle-même, aux abois. C’est pourquoi, leur omission dans un rapport qui peut déterminer l’avenir de générations entières, d’un village, d’un patrimoine historique, et qui restera pour la postérité, témoigne d’un amateurisme ou d’une intelligence secrète avec ceux qui ont juré de faire advenir ce malheureux et maudit projet, contre vents et marées.
Et que dire des recommandations faites par le fameux rapport ? Après avoir posé un diagnostic un tant soit peu équidistant des visions antagonistes sur le projet SEN AGROSEL, une société en gestation, nos experts, contre toute attente, ont littéralement vrillé, rejoignant, à bas sabots, la secte des apôtres de la peine de mort prononcée sur les communes de Palmarin et de Fimela. C’est sinistre ! C’est cynique ! Oser proposer qu' »au regard des avis, préoccupations et attentes exprimés par les parties prenantes, la mission recommande le redimensionnement du projet et de revoir les options techniques et spatiales » est une blague, une moquerie, une malhonnêteté, une fourberie, une escroquerie. Qui a parlé de redimensionner le projet ou de réduire son « assiette foncière » titanesque ? Les recommandations étant des déductions logiques de l’analyse faite sur un sujet donné (énoncé des causes et des conséquences), il est complètement absurde qu’elles soient en contradiction flagrante avec celle-ci. Le rapport l’a fait.
À l’adresse de tous ceux qui ne l’auraient pas encore entendu ou suffisamment compris, puisque la répétition est un outil pédagogique dont il faut se saisir à bon escient, nous redisons : les populations des communes de Palmarin et de Fimela n’ont JAMAIS demandé une quelconque reconsidération de la superficie du projet SEN AGROSEL ; elles exigent plutôt son ABANDON, sa SUPPRESSION et sa DISPARITION de l’espace public, politique, administratif et médiatique.
Faisons de petits calculs arithmétiques afin d’avoir une vue plus nette sur la réalité dont il est question. La superficie convoitée par la société SEN AGROSEL est de 5 000 ha (ou 50 km²). C’est l’équivalent d’un carré dont les côtés mesurent 7,071 km chacun, soit la distance qui va de Diakhanor à Ngallou. Or, « la commune rurale [de Palmarin] s’étend sur environ 93 à 94 km², tandis que la Réserve Naturelle Communautaire (RNC) couvre environ 10 430 hectares (soit 104,3 km²), une zone protégée pour sa biodiversité unique ». Signalons au passage que « de 1972 à nos jours, Palmarin a perdu plus de 150 mètres de littoral, à cause de l’avancée de l’érosion côtière ». Par conséquent, si l’on devait « redimensionner » la superficie du projet, comme nous le suggèrent les experts environnementalistes et écologistes, c’est-à-dire la ramener à des proportions raisonnables et acceptables, quelles seraient ses nouvelles dimensions ? Nous voudrions bien les entendre là-dessus.
Les autres recommandations sont de la même veine : « adaptation du procédé d’exploitation en privilégiant une exploitation de type artisanal amélioré ou semi-industriel, en lieu et place d’un modèle industriel à grande échelle » ; « réorientation spatiale du projet avec l’exploitation d’un site pilote, clairement délimité, au lieu d’uneimplantation simultanée dans plusieurs zones des Communes de Fimela et Palmarin » ; « renforcement des mesures de protection environnementale par l’instauration de zones tampons obligatoires entre les sites d’exploitation et les zones agricoles, les habitats, les plans d’eau et le littoral, ainsi que la mise en place de dispositifs techniques visant à limiter les écoulements salins vers les terres environnantes » ; et enfin, « l’ajustement des retombées socio-économiques du projet ». C’est du charabia !
Pourtant, à la rencontre du 09 décembre 2025, à la Mairie de Palmarin, tous les orateurs qui ont succinctement énoncé les griefs faits au projet ont conclu leur intervention par cette phrase lapidaire : « Nous n’en voulons point ». À Palmarin comme à Mbissel, hormis la fausse note tristement jouée par le chef du village, tous l’ont unanimement répétée. D’ailleurs, cette phrase a été rabâchée tant de fois qu’on s’étonne de constater aujourd’hui que son message n’est pas encore passé. Alors, nous vous la traduisons en sérère, espérant avoir plus de chance d’être entendu et compris puisque nos Ancêtres ont cette faculté phénoménale de stimulation neurologique et cérébrale : « I mbuxe, (i mbuge(r), i mbuxeran, i mbugeran), too i moskeran o mbux (o mbug) muk » !
Quant aux autorités administratives, le rapport affirme sans ambages qu’elles « ont exprimé de fortes réserves quant à la mise en œuvre du projet, en soulignant la sensibilité écologique des Communes de Fimela et Palmarin, la rareté des terres productives et nécessité de préserver la cohésion sociale ».
Il est désormais établi que la mission des fameux experts à Fatick, plus particulièrement dans les communes de Fimela et de Palmarin, n’avait d’autres objectifs que d’amener les communautés à entériner les élucubrations de technocrates envoyés pour, disent-ils, renforcer l’acceptabilité sociale du projet, « renforcer la transparence, la concertation, le dialogue, la confiance et l’adhésion autour du projet ». En d’autres termes, il s’agissait de faire boire astucieusement et vaille que vaille la ciguë aux récalcitrants qui s’obstinent encore à rejeter une obole tombée du ciel. Le propriétaire l’ayant décidé, l’âne doit boire, sous peine d’être châtié à coups de bâtons.
À ces néophytes, mandatés pour légaliser une forfaiture, nous leur disons que le terrain que foulent leurs pieds nus est épineux, caillouteux, rocheux, miné. Nous y ajoutons que ce sont ceux qui sont accusés d’avoir perçu des pots-de-vin, d’avoir reçu des promesses mirifiques de voyages et d’études en Inde et ailleurs dans le monde, ceux qui rêvent tout haut de déménager leurs familles au pays de Gandhi et du Taj-Mahal, en échange de leur dignité et de leur palmarinité, un troc qui les oblige à s’opposer à la volonté et à la souveraineté populaires, ce sont plutôt ceux-là qui la boiront à la place de ceux à qui elle est injustement destinée. Car, il semble bien qu’ils ont atteint un point de non-retour, vu que le magot reçu et celui promis en cas de succès de la mission kamikaze, sans oublier la panoplie de promesses mirobolantes qui leur sont faites, n’est pas du menu fretin, d’où leur obstination. « L’erreur, dit le dicton, est humaine, persévérer est diabolique ».
S’il ressort, [en conclusion du rapport], que le projet d’exploitation de sel de la Société SEN AGROSEL fait l’objet d’une opposition ferme et généralisée de la part des populations et des eorganisations communautaires », pourquoi faire alors des recommandations d’une telle déficience intellectuelle ? Si « cette situation traduit un faible niveau d’acceptabilité sociale du projet », qu’est-ce qui justifie ou explique qu’on s’embarque dans une voie sans issue, doublée d’un sens strictement interdit ? Il y a là, indéniablement, une faiblesse cérébrale de premier ordre. Aussi, qu’il nous soit permis de soupçonner un pacte d’acier tacite entre les agents du Ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique et les promoteurs et/ou les valets du projet. Qu’il nous soit aussi permis de questionner le degré d’impartialité d’agents d’un service public qui doivent être au-dessus de tout soupçon, irréprochables. À Mesdames et Messieurs de la « mission de concertation », nous leur demandons de bien vouloir garder pour eux-mêmes et pour leurs délégants, leurs recommandations saugrenues, aberrantes, partisanes, inaudibles. Nous les rejetons en bloc. De qui se moque-t-on ?
C’est à croire que les dés étaient pipés par avance, sinon comment pourrait-on comprendre que l’on ait fait fi des recommandations des administrés, notamment celles émanant de spécialistes ? Présent à la rencontre du 09 décembre 2025, le représentant des conservateurs et gestionnaires de la Réserve Naturelle Communautaire, un professionnel des questions environnementales et écologiques, un des leurs, n’a pas tergiversé : « (…) Quant au projet que vous proposez aujourd’hui, nous avons pris le temps de l’analyser, de réfléchir sur ses conséquences et nous disons qu’il n’est pas le bienvenu parce qu’il ne favorise ni la conservation de notre biodiversité ni de notre environnement ».
Il faut s’étonner, qu’à l’heure où les politiques, les projets environnementalistes et écologistes ont envahi et saturé l’espace culturel et médiatique, déteignant les discours ainsi que les activités et les comportements humains et sociaux, des spécialistes de l’environnement et de la transition écologique en viennent à cautionner la mort programmée d’écosystèmes entiers. Comment des experts dans les domaines susmentionnés peuvent-ils ignorer que la commune de Palmarin est classée Réserve Naturelle, incorporée au RAMPAO (Réseau régional d’Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest), « une organisation qui œuvre (…) pour la conservation de la biodiversité marine au profit des communautés locales » ?
L’autre donnée majeure qui aurait dû doucher froidement les ardeurs et les velléités des conquérants et de leurs affidés est que, depuis le 1er septembre 2017, Palmarin a intégré la Convention Ramsar, sous le numéro 2328. C’est un « traité intergouvernemental qui sert de cadre à la conservation et à l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources [culturelles, écologiques, économiques, scientifiques, touristiques et récréatives pour un développement durable et intégral] ». Tout cela fait aujourd’hui de Palmarin un site, un espace protégé intouchable, à l’abri des spéculateurs et des prédateurs fonciers.
Mais, comment a été forgé ce « dôme de fer » ? Nous le devons à des visionnaires qui ont agi conformément à leur intuition afin d’infléchir la courbe descendante qui conduisait Palmarin tout droit au précipice. « En 2001, informe le gestionnaire du patrimoine forestier, nous avions constaté une forte dégradation de l’environnement. C’est pourquoi nous avions décidé de prendre des mesures pour juguler le fléau. Cela a conduit la collectivité territoriale, par délibération, à créer la réserve de Palmarin.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que la réserve épouse les contours de la commune. Toute la commune de Palmarin est ainsi classée réserve forestière ». Et voici que des quidams, dépourvus de toute sensibilité biodiversitaire et de culture humaniste, décident de ruiner tant d’années d’histoire cyclique, faites de labours, de semailles, de cultures, de récoltes, de réjouissances, de partages, d’Espérance…
Dans les représentations populaires, SEN AGROSEL renvoie, avant tout, à une entreprise ou à une société qui se serait spécialisée dans l’exploitation de sel. Eh bien, il n’en est rien du tout ! À ce jour, on ne lui (re)connaît aucune expertise et aucune expérience pratiques dans ce domaine convoité. Son curriculum vitae est vierge dans le champ de l’exploitation de salins. C’est une propriété de la famille GORASIYA, originaire d’Inde, et qui s’est établie au Sénégal. « La famille Gorasiya au Sénégal, nous apprend l’Intelligence Artificielle, est principalement connue via Dinesh Govind Gorasiya, un homme d’affaires indien établi [au Sénégal] qui dirige Senegindia SA, une entreprise de développement immobilier et agricole, prospère depuis 2008, reconnue pour ses projets comme SV CITY et son engagement social ». Toujours selon l’IA, « Dinesh Govind Gorasiya est le personnage central, dirigeant Senegindia SA, une société sénégalo-indienne active dans les infrastructures et l’agriculture. Il est un acteur majeur dans le domaine immobilier, avec plus de 17 ans d’expérience et contribue au développement urbain avec des projets d’envergure ».
Étant donné que la société SEN AGROSEL n’a aucun vécu dans le champ qu’elle veut investir, aurait-elle l’intention d’engager des sous-traitants, une fois le projet validé, ou bifurquerait-elle à gauche alors que les clignotants indiquent un virage à droite ? La deuxième hypothèse paraît la plus plausible, eu égard aux rumeurs tonnantes de la fin de l’hivernage écoulé où il a été fait cas, à Palmarin, d’un projet indien de 4 000 ha pour la construction de logements d’habitation. N’est-ce pas là les prémices d’une réaffectation et d’une redirection du projet initial, de son redimensionnement comme nous le recommandent les technocrates du Ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique ?
En clair, la famille GORASIYA, par le canal du projet SEN AGROSEL, veut acquérir des terres dans les communes de Fimela et de Palmarin pour que, une fois bien installée, elle en fasse ses propriétés privées, son point de chute après de longues pérégrinations à la recherche de la terre promise que des partenaires et des complices internes lui ont promise. Que des autochtones, si tant est qu’ils le sont et méritent cette appellation, soient de connivence avec des mercenaires, des affairistes et des occupants pour spolier le village qui les a vu naître et grandir est scandaleux, exécrable. Que des cadres, des intellectuels de Palmarin à Fatick, censés défendre des populations de plus en plus perméables et vulnérables à toutes sortes d’agressions, de dérives sociétales et communautaires, après leur avoir farci la tête avec des théories progressistes, émancipatrices et libertaires pernicieuses, se retournent contre les mêmes populations, prennent le parti de l’étranger et guerroient fièrement contre les leurs est particulièrement odieux, innommable. Ces sempiternelles tragi-comédies ignobles, au goût tantôt acidulé tantôt âcre, n’ont qu’un seul nom : HAUTE TRAHISON !
En conclusion, la mission dite de concertation, d’écoute, conduite par des agents du Ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique dans le département de Fatick, plus particulièrement dans les localités de Fimela, Mbissel et Palmarin, dans le cadre du projet de la société SEN AGROSEL, n’est rien d’autre qu’une aventure ambiguë. Elle est ambiguë car elle a été improvisée, mal préparée, d’où les nombreux couacs qui ont émaillé son parcours. Elle est ambiguë car les objectifs déclinés ne sont pas en phase avec leur déroulé sur le terrain. Elle est également ambiguë parce que l’échantillon censé leur donner le pool sur la situation ambiante et réelle est très faible, voire insignifiant, et ne permet pas de se faire une opinion juste, fondée et consistante sur le problème qui les a mobilisés. Néanmoins, il était possible de percevoir la réalité, de voir la vérité objective sur le terrain. Elle est enfin ambiguë dans la mesure où les populations n’ont pas vu en elle la neutralité nécessaire qui ferait qu’elles puissent lui accorder un quelconque crédit, mais plutôt de la mièvrerie subtile et une complicité étroite avec les ennemis, les envahisseurs. Tout cela la délégitime à leurs yeux et lui ôte la noblesse et l’innocence dont elle s’est drapée, se pavanant de côté et d’autre pour justifier son intervention inopportune et superfétatoire. C’est donc un abus sémantique de parler d’une mission d’écoute, de concertation, de dialogue, de conciliation… C’est une aventure ambiguë !
Pierre Birame NDOUR,
Coordonnateur du Directoire Communal de Sauvegarde
et de Mise en Valeur du Patrimoine de Palmarin