RESTITUTION DE LA COP30 À BELEM : Le METE consolide sa position sur l’échiquier climatique international

Le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf a présidé ce mardi l’atelier de restitution de la 30ᵉ Conférence des Parties (COP30). Cette rencontre a permis de dresser le bilan de la participation sénégalaise à la COP30, tenue du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, au Brésil, et de tracer les perspectives pour la mise en œuvre nationale des décisions adoptées.

Marquant le dixième anniversaire de l’Accord de Paris, la COP30 s’est inscrite dans une séquence décisive pour l’action climatique mondiale. Elle a notamment coïncidé avec la soumission de la troisième génération des Contributions Déterminées au niveau National (CDN 3), appelant à une ambition accrue en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de renforcement de la résilience des pays vulnérables. Pour le Ministre Diouf, cette conférence a constitué « un rendez-vous majeur de la diplomatie climatique mondiale », dont les résultats doivent désormais être analysés et traduits en politiques publiques efficaces, en cohérence avec les priorités nationales.

Le Ministre Abdourahmane Diouf a rappelé l’ampleur des défis climatiques, particulièrement pour les pays africains. Depuis l’adoption de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en 1994, les alertes du GIEC n’ont cessé de se multiplier, mettant en évidence l’accélération du réchauffement climatique et l’intensification de ses impacts. Sécheresses, inondations, désertification, insécurité alimentaire, érosion côtière et montée du niveau de la mer affectent de plus en plus les moyens de subsistance des populations, renforçant l’urgence d’une action climatique ambitieuse et solidaire.

Les négociations de la COP30 ont porté sur des enjeux structurants, notamment le financement climatique, l’objectif mondial d’adaptation, les pertes et préjudices, la transition juste et l’opérationnalisation de l’article 6 de l’Accord de Paris sur les marchés carbone. Sur le financement, considéré comme le point central des débats, le Sénégal a plaidé avec constance pour des mécanismes prévisibles, accessibles et à la hauteur des besoins des pays en développement, en particulier pour l’adaptation et la prise en charge des pertes et préjudices. La feuille de route adoptée à Belém constitue, selon le Ministre, une base importante pour intensifier l’action collective et restaurer la confiance dans le multilatéralisme climatique.

La participation du Sénégal à la COP30 a également été marquée par des retombées concrètes. En marge des travaux, un accord bilatéral de coopération climatique a été signé le 15 novembre 2025 entre le Gouvernement du Sénégal et le Royaume de Norvège, portant sur la mise en œuvre de l’article 6.2 de l’Accord de Paris. Cet accord vise à renforcer la collaboration sur les mécanismes carbone, à soutenir la transition énergétique durable et à mobiliser des financements pour des projets d’atténuation et d’adaptation, dans le respect des principes d’intégrité environnementale, de transparence et de développement durable. Il s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050 et les engagements nationaux en faveur d’un développement bas carbone.

Le Ministre a par ailleurs salué la participation active et inclusive du Sénégal à Belém. La délégation sénégalaise, plurielle et représentative, associait l’administration publique, le secteur privé, la société civile, les collectivités territoriales et le monde académique. Le Pavillon du Sénégal s’est imposé comme un véritable carrefour d’expertise et de dialogue, accueillant des échanges de haut niveau sur la finance climatique, les trajectoires bas carbone, les systèmes d’alerte précoce et l’agriculture résiliente. Des avancées notables ont également été enregistrées sur l’adaptation, les solutions fondées sur la nature et la reconnaissance des droits des peuples autochtones.

L’Honorable Député Samba Dang, Vice-président de l’Assemblée nationale et Président du Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement, a salué une participation « réussie » du Sénégal à la COP30. Il a insisté sur le rôle crucial des parlementaires dans la mobilisation politique et citoyenne autour des enjeux climatiques, soulignant que cette COP représentait un défi majeur pour relever l’ambition collective à travers la révision des CDN. Il s’est félicité de la validation récente de la CDN 3 du Sénégal et a réaffirmé l’engagement du Parlement à soutenir un modèle de croissance bas carbone, le renforcement de la résilience des communautés et la promotion de l’innovation technologique verte.

De son côté, M. Ibrahima Diagne, Conseiller technique environnemental du Premier ministre, a mis en exergue l’importance de l’atelier de restitution comme outil d’évaluation et de projection stratégique. Selon lui, cet exercice permet non seulement de mesurer les retombées de la participation sénégalaise à la COP30, mais surtout de mieux préparer les prochaines échéances internationales. Il a souligné l’ambition du Sénégal de consolider sa place sur l’échiquier international, d’affirmer sa souveraineté environnementale et de tirer pleinement profit des opportunités de financement climatique, dans un contexte marqué par la récurrence des inondations et la variabilité accrue des températures.

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé sur l’enjeu central des mois à venir : assurer une mise en œuvre rapide, coordonnée et efficace des engagements internationaux au niveau national. Cela suppose une mobilisation accrue des ressources humaines, techniques et financières, ainsi qu’une implication renforcée de l’ensemble des acteurs. À l’horizon de la COP31, prévue conjointement par la Turquie et l’Australie, le Sénégal entend poursuivre ses efforts pour contribuer pleinement à l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris et maintenir une trajectoire compatible avec la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C.

En ouvrant officiellement les travaux de l’atelier, le Ministre de l’Environnement a enfin adressé ses félicitations aux négociateurs sénégalais pour leur engagement et leur professionnalisme, appelant à des échanges fructueux afin de faire de l’action climatique un levier de développement durable, inclusif et résilient pour le Sénégal.