Face à une production arachidière exceptionnellement élevée cette année, l’État du Sénégal a décidé d’autoriser l’exportation d’une partie de la récolte nationale, en concertation avec les acteurs du secteur. À travers le ministère de l’Industrie et du Commerce, les autorités ont retenu des volumes compris entre 300 000 et 450 000 tonnes, afin de faire face à une surproduction largement supérieure aux prévisions initiales.
Selon les données communiquées, plus de 900 000 tonnes d’arachide ont déjà été enregistrées, créant une forte pression sur le circuit de commercialisation et soulevant d’importants défis d’écoulement sur le marché intérieur. Cette situation a conduit l’État à prendre des mesures visant à réguler le marché, tout en protégeant les revenus des producteurs et en évitant l’engorgement des stocks.
Dans cette dynamique, le gouvernement a annoncé la levée de la taxe de 4 % jusque-là appliquée à l’exportation de l’arachide. Cette décision vise à encourager l’implication du secteur privé et à renforcer la compétitivité de l’arachide sénégalaise sur les marchés internationaux. Les autorités espèrent ainsi créer des débouchés supplémentaires pour les volumes excédentaires, tout en contribuant à la stabilisation du marché local.
S’exprimant sur cette orientation, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, a insisté sur l’impératif du respect strict des normes de qualité, condition essentielle pour préserver la crédibilité du Sénégal auprès de ses partenaires commerciaux. Il a également mis l’accent sur le rapatriement effectif des devises, soulignant que les opérations d’exportation doivent pleinement participer au renforcement de l’économie nationale et à l’amélioration de la balance commerciale.
Les exportateurs se disent, pour leur part, prêts à engager rapidement les opérations. Le président de la Confédération des opérateurs de la filière arachidière (COPEGA), Habib Diaw, a salué les mesures prises par l’État, qu’il juge adaptées au contexte actuel du marché. Il a annoncé le démarrage effectif des exportations dès la semaine prochaine, tout en assurant que les transactions se feront dans le strict respect des prix fixés par les autorités, afin de préserver les intérêts des producteurs et la stabilité de la filière.
Cette décision s’inscrit dans une volonté plus large des pouvoirs publics de mieux structurer la filière arachidière, pilier historique de l’agriculture sénégalaise. Elle vise à concilier la sécurisation des revenus des producteurs, la régulation du marché intérieur et une ouverture maîtrisée à l’exportation. En transformant un surplus de production en opportunité économique, l’État et les acteurs privés affichent une convergence de vues au service de l’ensemble de la chaîne de valeur arachidière.