DOUDOU GNAGNA DIOP, PCA SAPCO : « Le binôme sport–tourisme est un puissant levier de relance économique »



Hier, le président du Conseil d’administration de la Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO), Doudou Gnagna Diop, a réitéré ses vœux de santé, de bonheur et de prospérité au peuple sénégalais, tout en réaffirmant sa conviction profonde quant au rôle stratégique du sport dans la relance du tourisme et, au-delà, de l’économie nationale* .

‎Pour le cadre du secteur touristique, le lien entre sport et tourisme n’est plus à démontrer. « Dans tous les pays qui accueillent des compétitions sportives internationales, on observe un afflux massif de visiteurs venus du monde entier. Les hôtels affichent complet, les restaurants tournent à plein régime et l’État en tire des bénéfices importants en termes de recettes et de ressources locales », souligne-t-il.
‎Selon lui, le Sénégal dispose d’atouts majeurs pour tirer pleinement profit de cette dynamique, notamment des infrastructures de transport, un réseau routier relativement performant et un parc hôtelier capable d’absorber de grands flux touristiques. Autant de leviers qui, bien exploités, peuvent contribuer à dynamiser durablement les économies locales.
‎À titre illustratif, Doudou Gnagna Diop cite l’exemple des marathons organisés au Sénégal depuis plusieurs années par des initiatives privées. D’événements modestes à leurs débuts, ces compétitions attirent aujourd’hui des participants venus d’Europe, notamment d’Allemagne et de France, générant des nuitées hôtelières et des retombées économiques non négligeables. « C’est la preuve que le sport constitue un facteur indéniable de développement touristique », insiste-t-il.
‎Abordant les incidents survenus lors d’une récente finale sportive, le président du PCA de la SAPCO appelle toutefois à la retenue et à la responsabilité. S’il reconnaît que le sport est parfois associé à des actes de violence, il estime que ces situations auraient pu être mieux maîtrisées. Il évoque également une injustice subie par l’équipe sénégalaise, rapidement corrigée, tout en rappelant la nécessité de préserver les relations fraternelles entre le Sénégal et le Maroc. « Ce sont deux pays liés par une histoire séculaire, des relations religieuses et culturelles profondes qu’il faut absolument préserver », rappelle-t-il.
‎Revenant sur l’état du secteur touristique, Doudou Gnagna Diop reconnaît que le Sénégal a perdu de son lustre au fil des années, sous l’effet conjugué de crises sanitaires comme Ebola et la Covid-19, mais aussi de tensions politiques ayant fragilisé les infrastructures et les investissements. Il estime néanmoins que le pays dispose encore des capacités nécessaires pour renouer avec la qualité de son offre touristique d’il y a une vingtaine d’années.
‎Optimiste, il salue l’inscription du tourisme comme moteur de croissance dans l’Agenda national de transformation 2050. Pour lui, l’organisation d’assises nationales du tourisme constitue une étape décisive, longtemps attendue par les acteurs du secteur. « En quarante ans de carrière, je n’ai jamais vu de véritables états généraux du tourisme permettant de poser les problèmes de fond et d’y apporter des solutions structurantes », confie-t-il.
‎Au-delà de la promotion du tourisme international, notamment à travers les salons visant les marchés émergents comme la Chine, Doudou Gnagna Diop plaide pour un développement vigoureux du tourisme intérieur. Il appelle à l’activation effective des huit pôles touristiques identifiés, afin de générer des ressources additionnelles profitables aux communautés locales.
‎Enfin, il insiste sur l’implication des populations riveraines comme condition essentielle de la durabilité des pôles touristiques. « Un projet qui n’intègre pas les populations locales ne peut être ni viable ni durable. Sinon, ce sont toujours les investisseurs étrangers qui en tirent l’essentiel des bénéfices », conclut-il.
Anta Fofana Konaté (Correspondante)