Hier, un Symposium organisé par l’ONITS et le PITS a réuni, dans la cité du rail, experts, autorités et acteurs du secteur. Au menu des échanges : l’investissement de la diaspora, la formation des jeunes et l’éclosion d’un tourisme endogène dans la région* .
Thiès a vibré hier au rythme du tourisme de demain. Sous les projecteurs du symposium conjoint organisé par l’Organisation Nationale pour l’Intégration du Tourisme au Sénégal (ONITS) et du pôle d’intégration du tourisme Sénégalais (PITS), la problématique de l’emploi des jeunes et de l’apport de la diaspora a été passée au crible. Dans une salle comblée où se côtoyaient autorités, directeurs d’écoles hôtelières et populations locales, le ton était à l’action et à la refondation de notre modèle touristique.
L’impulsion de la Diaspora : Le modèle Alhousseynou Ba
Parrain de l’événement, M. Alhousseynou Ba, PDG de One Africa Group et fils de Thiès revenu des États-Unis, a plaidé pour une structuration plus audacieuse de nos compatriotes de l’extérieur. Pour lui, la diaspora n’est pas qu’un guichet de transferts sociaux, mais un véritable levier financier. « Il nous faut une banque de la diaspora ou des mécanismes permettant de mobiliser ce potentiel financier pour l’effort de développement », a-t-il martelé.
Au-delà des finances, M. Ba a insisté sur la « bataille des connaissances », appelant la jeunesse sénégalaise à se former sur les priorités du pays pour devenir leader. Il a notamment souligné que la culture, et particulièrement notre héritage immatériel comme le cousinage à plaisanterie, est un produit touristique unique au monde. « Nous avons quelque chose que les autres n’ont pas. Même le Corps de la Paix américain vient apprendre nos cultures. Il est temps que nous sachions ce que nous avons à vendre au monde », a-t-il ajouté, prônant un tourisme inclusif où le jeune Thiéssois irait découvrir la Casamance ou Kédougou.
La Grande Côte : Nouvel eldorado de l’agrotourisme
Invité d’honneur de la cérémonie, M. Doudou Gnagna Diop, Président du Conseil d’Administration de la SAPCO, a apporté un éclairage stratégique sur l’aménagement du territoire. Pour le PCA de la SAPCO, le défi majeur reste l’insertion professionnelle : « Les jeunes sont en train d’être formés, mais la question fondamentale est : comment leur trouver du travail ? ».
La réponse réside, selon lui, dans la diversification de l’offre. Si la Petite Côte est saturée, la Grande Côte et même Allou Kagne offrent des espaces immenses pour l’écotourisme, l’agrotourisme et même le tourisme de santé (EHPADES), à l’image des modèles marocain et tunisien. Un appel direct a été lancé aux autorités étatiques pour appuyer cette vision qui lie exploitation de la terre et accueil touristique.
Des objectifs clairs pour un secteur en mutation
Le symposium a ainsi été l’occasion pour les acteurs touristique de tracer une feuille de route articulée autour de trois piliers :
Investissement : Faciliter l’accès au foncier et aux projets touristiques pour les Sénégalais de l’extérieur.
Formation : Aligner les cursus des écoles hôtelières sur les réalités du développement durable.
Valorisation : Faire de l’agrotourisme endogène un moteur de croissance pour les populations locales.
En clôturant les débats, les participants ont unanimement salué cette initiative qui replace l’humain et l’identité sénégalaise au centre de la stratégie touristique, avec l’espoir de voir Thiès devenir le laboratoire de ce tourisme « nouveau genre ».
Anta Fofana Konaté (Correspondante)