Alors que le Président de la République est annoncé en visite officielle à Kédougou, une voix citoyenne s’élève avec force pour rappeler l’urgence d’un dossier majeur : le barrage hydroélectrique de Sambangalou. Pour Dr Papa Ameth Ndiaye, président du mouvement AFCK (Alliance des Forces Citoyennes pour Kaolack), ignorer cette infrastructure emblématique serait tout simplement « un fiasco ».
Le leader citoyen déplore l’arrêt prolongé des travaux de ce projet structurant, dans un climat de silence qu’il qualifie d’« inquiétant ». Un mutisme qui, selon lui, interpelle profondément les populations locales et compromet des enjeux cruciaux liés à la souveraineté énergétique, au développement économique et à l’intégration régionale.
Le barrage hydroélectrique de Sambangalou n’est pas un chantier ordinaire. Il s’inscrit au cœur des ambitions nationales et sous-régionales en matière d’énergie, d’agriculture et d’industrialisation. Son interruption prolongée freine l’élan de développement de toute une région et hypothèque des perspectives majeures pour l’économie sénégalaise.
« Aucun pays ne peut se développer durablement sans une énergie stable, accessible et souveraine », rappelle Dr Ndiaye. À ses yeux, sans autonomie énergétique, la souveraineté industrielle reste un mirage.
La reprise des travaux du barrage représenterait un puissant levier de développement local. La phase de construction comme celle de l’exploitation générerait des milliers d’emplois directs et indirects, notamment pour les jeunes des zones environnantes. Elle favoriserait également le transfert de compétences techniques et énergétiques vers les ingénieurs, techniciens et ouvriers sénégalais.
Au-delà de l’emploi, c’est toute l’économie locale qui bénéficierait de ce chantier : commerce, transport, services, logement et formation connaîtraient une dynamisation significative.
Projet phare de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG), le barrage de Sambangalou incarne une vision collective du développement. Sa réalisation renforcerait la coopération énergétique entre les pays membres, améliorerait l’interconnexion électrique et réduirait la dépendance vis-à-vis des sources d’énergie extérieures.
Dans un contexte sous-régional marqué par des défis énergétiques et géopolitiques, ce projet constitue un facteur de stabilité et de solidarité régionale.
L’impact du barrage ne se limite pas à l’énergie. Il offrirait un potentiel agricole inestimable grâce à l’irrigation permanente, permettant des cultures en toute saison, une hausse significative des rendements et une réduction de la dépendance alimentaire.
Pour Kédougou et les zones environnantes, il s’agirait d’un levier majeur de lutte contre la pauvreté, favorisant le développement des filières rizicole, maraîchère, horticole et agro-industrielle, tout en renforçant l’autosuffisance alimentaire nationale.
Selon Dr Papa Ameth Ndiaye, les bénéfices combinés du barrage — énergie, agriculture, industrialisation, emploi et intégration régionale — garantissent un retour sur investissement certain et durable. À l’inverse, maintenir l’arrêt des travaux reviendrait à perdre des opportunités économiques majeures, des financements déjà engagés et la confiance des partenaires nationaux et internationaux.
Dans sa déclaration, le président de l’AFCK lance un appel respectueux mais appuyé aux plus hautes autorités de l’État. Il invite le ministre de l’Hydraulique à reconsidérer l’urgence de ce dossier stratégique, le ministre de l’Agriculture à mesurer son impact direct sur la productivité et la sécurité alimentaire, et le ministre des Infrastructures à poursuivre son engagement salué par les populations locales.
Enfin, il sollicite l’arbitrage personnel du Premier ministre et du Président de la République, rappelant que le barrage de Sambangalou « n’est pas un simple chantier, mais un pilier de souveraineté énergétique, agricole et industrielle ».